Bienséance(s)
Notion clé de l'esthétique classique, avec celle de la vraisemblance qu'elle englobe. Réaliser un accord harmonieux entre les diverses parties d'une œuvre et entre chacune d'entre elles et le tout ; rester en harmonie avec le public dont il ne faut choquer ni le goût ni la morale : à ces deux conditions la bienséance est observée. Il s'agit donc d'une notion double : sur le premier plan, elle est d'ordre technique, les théoriciens poussant les dramaturges à rechercher la plus grande cohérence possible dans la construction comme dans les caractères (ainsi, un roi doit se comporter en roi, et non en amoureux de comédie ou en bouffon) de façon à satisfaire à la raison et donc à la vraisemblance ; sur le second plan, elle est d'ordre moral (généralement employée au pluriel en ce sens), aspect qui deviendra de plus en plus important à mesure que l'« honnêteté » progressera. Moral ne signifie pas seulement moralisateur : l'esthétique est en jeu aussi, puisque choquer les sentiments ou les croyances du public, c'est manquer la fin que l'on assigne à toute œuvre classique : plaire et instruire.
Bibliographie sélective
- Réflexions sur la poétique d'Aristote et sur les ouvrages des poètes anciens et modernes , Paris : impr. de F. Muguet, 1674
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- 17ème siècle
- 18ème siècle