Asie centrale
(Le théâtre en)
L'Asie centrale actuelle se compose des républiques fédérées soviétiques du Kazakhstan, du Kirghizistan, de Bachkirie, d'Ouzbékistan et du Turkménistan où l'on parle un dialecte turc, du Tadjikistan, où l'on parle un dialecte persan, et de la Mongolie.
Les spectacles traditionnels
Avant l'arrivée du théâtre occidental, le monde des spectacles se composait de conteurs publics, de différents types de marionnettes, d'improvisateurs comiques avec leurs farces et satires, sans compter les acrobates, jongleurs et prestidigitateurs des cirques. Les danses rituelles de la Mongolie furent incorporées dans les tsam, pièces religieuses d'inspiration bouddhiste. Il existait aussi le théâtre de la Cour, avec des spectacles donnés une fois l'an. Les fouilles archéologiques ont mis au jour un masque comique et les squelettes de quatre personnes tenant des masques tragiques, datant du Ier siècle av. J.-C. Au Tadjikistan, on connaissait la marionnette folklorique dite zochabozi, de même que le théâtre populaire appelé maskharabazi. Le théâtre traditionnel d'Ouzbékistan est riche et varié. Il dispose de deux théâtres de marionnettes : le kol korchak, du type guignol, et le chadour hayal. Les représentations sont des occasions de fêtes appelées touy. Les artistes forment un corps de métier. Les théâtres populaires sont connus sous le terme de kizikchilik. Les sujets représentés sont l'amour, la mort, l'enterrement, la spéculation. Les sapsata soulignent le caractère bouffon du dialogue. Quant aux farces, elles sont de deux genres : les moqalid (imitations) et les tenkid (critiques). Pour ce qui est des réunions d'hommes avec banquet et spectacle, on les nomme djoura et toukma.
Le théâtre à l'occidentale
Le théâtre de type occidental n'apparaît en Asie centrale qu'après la révolution bolchevique. Cependant, les progressistes du Turkistan ont fait imprimer des pièces dès 1912 à Samarkand, Namangan et Tachkent. Les Ouzbeks ont fait connaissance avec le théâtre occidental vers 1870 grâce aux troupes russes. En 1915, Khamza Khakimzadé Niazi organise à Kokand la première troupe semi-professionnelle. Après 1918, Khamza fonde le premier théâtre soviétique ouzbek à Fergana. Depuis 1931, le théâtre dramatique ouzbek de Khamza est installé à Tachkent. Entre 1920 et 1930, les théâtres de Samarkand, Boukhara et Fergana jouent des classiques européens et des pièces ouzbeks ou d'autres républiques soviétiques. En 1932, une école est créée à Alma-Ata pour la formation des acteurs, des chanteurs et des musiciens. En 1972, on dénombre jusqu'à vingt-cinq théâtres actifs. Au Tadjikistan, le premier théâtre professionnel est fondé à Douchanbé et prend le nom de Lakhouti Théâtre dramatique tadjik. À la fin des années trente, la culture et le réalisme du théâtre russe sont adoptés par le théâtre tadjik. Cinq théâtres furent édifiés à Douchambé, un autre à Khorog, un théâtre dramatique musical à Kuhab et Kanibadam ; il y eut deux théâtres russes, l'un à Douchanbé et l'autre à Chkalovsk.
En Bachkirie, le premier théâtre national est créé en 1922 à Oufa. Dans les années 1930, on a aussi érigé des théâtres russes. Les artistes sont formés à l'Institut d'État d'art dramatique, au Collège d'art d'Oufa et à la faculté du théâtre de l'Institut des arts d'Oufa datant de 1968. Depuis lors, le nombre des théâtres dans les villes ouzbeks a augmenté. L'Institut d'art dramatique de Tachkent, fondé en 1945, est un centre de formation pour toute l'Asie centrale et porte le nom d'Ostrovski.
Au Turkménistan, les premières tentatives sont celles de troupes d'amateurs vers 1918. Les langues utilisées sont le russe, l'ukrainien, l'arménien, l'azéri et le tatare. En 1919, on représente à Kizyl-Arvat une pièce de K. Atashev qui illustre la prise de la ville par l'Armée rouge. En 1926, le commissariat du peuple pour l'Éducation a fondé le premier Studio dramatique national qui se transforme en Théâtre turkmène. À côté des pièces d'auteurs autochtones et d'auteurs azerbaïdjanais, on joue aussi des pièces de Goldoni et de Gogol. Les jeunes acteurs sont formés à l'Institut d'art dramatique d'État (RATI) de Moscou. Le théâtre dramatique russe Pouchkine d'Achkabad contribue au développement du théâtre turkmène depuis 1926. Dans les années trente s'y sont ajoutés le théâtre Kemine à Mary et le théâtre musical et dramatique de Tachaus. En 1964 est créé à Ashkabad le théâtre de la Jeunesse.
Pour ce qui est du Kazakhstan, la première troupe théâtrale permanente est établie en 1922 à Orenbourg et le premier théâtre Kizyl-Orda en 1926. Celui d'Alma-Ata date de 1928. Les années qui suivent témoignent des efforts d'assimilation de la culture théâtrale russe et du développement des traditions nationales. En Kirghizie aussi le premier Théâtre national, fondé sous la direction de N. N. Elenin, date de 1926. Chez les Kirghizes, le théâtre musical joue un rôle important, il devient après 1936 le théâtre kirghize de l'Opéra et du Ballet. On a constaté en 1973 l'existence de six théâtres dramatiques kirghizes. Avec la proclamation de la République en Mongolie en 1924 apparaissent les premières tentatives de troupes d'amateurs. Quant aux troupes professionnelles, dramatiques et musicales, elles voient le jour à Oulan-Bator, la capitale. Le premier studio est créé en 1930 et, dès l'année suivante, il devient le Théâtre d'État de la Mongolie centrale.
Bibliographie sélective
- Uzbek literary politics , by Edward Allworth, LondonThe HagueParis : Mouton, 1964
- Uzbek literary politics , by Edward Allworth, LondonThe HagueParis : Mouton, 1964
Classement
Spécialité : Espace asiatique
- Kazahkstan
- Mongolie
- Kirghizistan
- Ouzbékistan
- Turkménistan
- Tadjikistan