Allégorie
Personnification d'un concept abstrait.
Le théâtre antique a connu l'allégorie (l'affrontement entre Discours Juste et Discours Injuste dans les Nuées d'Aristophane, par exemple), mais c'est au Moyen-Âge qu'elle connaît son apogée. Car la théologie médiévale instaure une relation profonde et métaphysique entre l'idée et son image figurée. De plus, l'allégorie permet une théâtralisation frappante des conflits psychologiques (combat des vices et des vertus dans les moralités), des controverses théologiques (le procès de Paradis dans les mystères de la Passion) et des oppositions sociales (les querelles d'Église, noblesse et commun dans la sottie). Cantonnée à la Renaissance dans les intermèdes mythologiques des spectacles de cour, l'allégorie perd de son importance. Elle reste cependant vivace dans le théâtre religieux, surtout dans l'auto sacramental espagnol. Elle a retrouvé au XXe siècle une nouvelle jeunesse : symbolisme et expressionnisme (Maeterlinck, Claudel, Strindberg), mais aussi théâtre militant (théâtres d'agit-prop soviétiques et allemands, Bread and Puppet).
Bibliographie sélective
- Le Théâtre européen face à l'invention , allégories, merveilleux, fantasque, études réunies et présentées par Irène Mamczarz, Paris : Presses universitaires de France, 1989
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens