ROUCHÉ Jacques

Lunel, 1862 - Paris, 1957

Critique et directeur de théâtre français.

Polytechnicien et diplômé de sciences politiques, président des parfums Pivert, Rouché est un grand bourgeois passionné d'art et de théâtre. Dès 1889 il pose sa candidature à la direction de l'Odéon mais c'est seulement en 1907 qu'il prend celle de La Grande revue (qui parut de 1897 à 1938), et en 1910 celle du théâtre des Arts (devenu depuis le Théâtre-Hébertot) qu'il assurera pendant trois saisons avant de devenir directeur de l'Opéra de Paris jusqu'en 1945.

En 1910 Rouché avait, à la suite d'un long voyage en Europe centrale et du Nord, fait paraître L'Art théâtral moderne qui se signale par son ouverture sur toutes les innovations scéniques des Craig (dont il préfacera l'édition française de De l'art du théâtre en 1916), Fuchs, Erler, Meyerhold, Stanislavski, Appia et autres ; également par les principes suivants qu'il appliquera, avec plus ou moins de cohérence et de réussite dans son théâtre : recherche d'auteurs nouveaux, refus de s'embrigader dans une quelconque école esthétique, recherche d'une synthèse des arts de la scène et des arts plastiques, surtout de la peinture. Il déclare vouloir « simplifier et synthétiser le décor en l'adaptant étroitement aux situations, choisir chacun des éléments indispensables à chaque scène et les disposer de la manière la plus suggestive. Styliser le décor par des recherches de rythmes et d'effets plastiques ». Il s'entoura de peintres comme Dethomas, Drésa, Francis Jourdain, Dunoyer de Segonzac qui réalisèrent au théâtre cet échange entre la peinture et la littérature qu'avaient déjà réalisé, pour le ballet, les Bakst et Benois, entre la peinture et la danse. La production du théâtre des Arts, très éclectique, alla du Carnaval des enfants de Saint-Georges de Bouhélier au Sicilien de Molière, et de Ghéon à Shaw. Jouvet et Dullin y firent leurs premières armes et Copeau (qui avait été engagé à La Grande revue pour tenir la critique dramatique après le départ de Blum) y fit jouer son adaptation des Frères Karamazov qui le fit connaître. Copeau a marqué sa dette à l'égard de Rouché bien qu'il se soit séparé nettement de ses positions esthétiques et ait relevé comme « imprudente » sa phrase considérant « l'art dramatique comme un aspect et une dépendance de l'art plastique ». Pourtant Rouché reste traditionaliste dans son attachement à la boîte scénique et à sa projection du monde en deux dimensions ; son apport essentiel concerne la rénovation du décor qui cesse définitivement avec lui de tendre à une reconstitution illusionniste du réel.

Bibliographie sélective

  • Revue d'histoire du théâtre , n° 3, X, Paris : Société d'histoire du théâtre, 1958
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Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : 19ème et début 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026