RADOK Alfréd

Koloděje nad Lužnicí, 1914 - Vienne, 1976

Metteur en scène tchèque.

En 1938, il débute comme élève chez Emil Frantisek Burian, avant de devenir son assistant. Après la fermeture du théâtre D en 1941, il travaille dans différents théâtres comme conseiller littéraire, lecteur, accessoiriste, assistant à la mise en scène, et à Pilsen comme metteur en scène (1942-1943) ; vers la fin de la guerre, il est interné pour son origine juive. Après la Libération, il trouve un engagement au théâtre du 5 mai nouvellement créé à Prague où, à part les drames, il met en scène opéras et opérettes (Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach). Comme ses opinions artistiques ne correspondent pas à l'idéologie officielle, il doit changer fréquemment de poste. Avec Svoboda il est le coauteur de La Lanterne magique (1958), fondée sur l'exploitation d'une technique moderne en vue de créer la synthèse du théâtre d'acteurs, du film et de la projection à polyécran. Ses premières mises en scène débordaient d'invention, de procédés expressifs, elles étaient fantasques, poétiquement stylisées, métaphoriques. À partir de la seconde moitié de la décennie cinquante, les mises en scène de Radok sont plus disciplinées, elles se soumettent à l'ordre interne tout en s'appuyant de plus en plus sur les acteurs. Radok sait libérer les artistes de la routine et il les amène à l'épanouissement de leurs possibilités jusqu'alors cachées. Chacune des mises en scène a un style inimitable : La Voleuse de Londres de Neveux, joueuse, stylisée modern-style ; Le Mariage de Gogol, grotesque et rustique ; Le Jardin d'automne de Hellman et Le Char d'or de Leonov, mises en scène apparemment traditionnelles avec d'excellentes performances d'acteurs ; The Entertainer d'Osborne, fondé sur le rituel (les trois dernières au Théâtre national). La mise en scène de Radok qui suscita le plus d'attention fut le Jeu de l'amour et de la mort de Rolland (théâtres municipaux de Prague, 1964) dans la scénographie de Vychodil (une arène de taureaux entourée d'une galerie). Radok ajoute à l'histoire intimiste de la pièce l'action d'une foule fanatisée, constamment présente sur scène, et il met en avant le motif de la « révolution qui dévore ses propres enfants ». Il en va de même pour ses travaux suivants au Théâtre National (Poslední, Les Derniers, 1966, de Gorki), Dům doni Bernardy, La Maison de Bernarda Alba, 1967, de Garcia Lorca) qui se concentrent sur la lutte de l'individu contre la pression du milieu social.

Après l'intervention soviétique de 1968, Radok quitte la Tchécoslovaquie et s'établit en Suède, principalement à Göteborg, mais il ne trouve pas d'affinités avec la troupe du Folkteater, qui se positionne politiquement à gauche.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe centrale et Russie

Zone(s) géographique(s) :
  • Tchéquie
  • Suède
  • Autriche
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026