PIETOR Miloš
Metteur en scène slovaque
Pietor puise son inspiration à trois sources principales : la tradition littéraire slovaque, l'art dramatique anglais et américain et le drame réaliste russe. Le trait commun de ses mises en scène est la satire qui attaque les faiblesses humaines, à quoi s'ajoute une ironie proche de l'humour britannique. Les goûts de Pietor le poussent vers les auteurs dramatiques qui ont découvert le caractère absurde de la destinée de l'homme du XXe siècle : Williams, La Chatte sur un toit brûlant, 1966 ; Shaffer, Comédie noire, 1968 ; Kopit, Oh Père, pauvre père…, 1969 ; Stoppard, Rosencrantz et Guildenstern sont morts, 1969 ; Harwood, The Dresser, 1985 ; Osborne, La Paix du dimanche (1985), l'Amuseur (1988). Pour cultiver son style propre, fait de comique allié au scepticisme, ses choix se portent aussi sur le répertoire russe et ukrainien : Tchekhov, La Mouette (1963, 1976, 1988), Les Trois Sœurs (1967, 1972), Oncle Vania, (1974) ; Gorki, Les Bas-fonds (1967) ; Gogol, Hyménée (1969), Le Revizor (1982). Le même humour noir apparaît dans ses mises en scène du drame réaliste slovaque (fin du XIXe -début du XXe siècle) dans lesquelles il souligne aussi le tragique résultant des déformations psychiques et sociales : de Tajovský, Statky-zmätky (Biens-tumultes, 1972), Nový život (Une nouvelle vie, 1978) ; de Hviezdoslav, Herodes a Herodias (Hérode et Hérodias, 1990). Dans toute son œuvre, Miloš Pietor a consciemment mêlé les traditions théâtrales slovaque et européenne.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Slovaquie
- 20ème siècle