MARLEAU Denis
Metteur en scène du Québec (Canada).
Marleau, avec UBU, compagnie de création (fondée à Montréal en 1981) s'est démarqué dès ses débuts comme metteur en scène, en se tournant vers les représentants de l'avant-garde historique : Tzara, Picabia, Breton (Cœur à gaz et autres textes dada, 1981), Jarry (Ubu cycle, 1989 ; Les Ubs, 1991) ; Picasso (Le Désir attrapé par la queue, 1985) ; Schwitters (Merz opéra, 1987), Khlebnikov et autres futuristes russes (Luna Park, 1992). À la manière d'un orchestrateur de musique concrète, il se montre d'une précision diabolique dans la réalisation de ces spectacles qui prennent l'allure de manifestes dans un contexte québécois plutôt frileux en ce qui concerne le choix du répertoire. Il poursuit ses recherches de pointe par la fréquentation d'œuvres marquantes du répertoire européen (Woyzeck, 1994 ; Lulu, 1996 ; Intérieur, 2001 ; Othello, 2007) et de pièces contemporaines (Beckett et Fosse côtoient le Québécois Pierre Perrault et le Béninois Pliya) en y associant étroitement des compositeurs et des créateurs visuels (notamment Robert Goulet qui signe la scénographie de Roberto Zucco de Koltès en 1993, et celle des Reines de Chaurette en 2005).
Le Festival d'Avignon de 1996 l'impose en France avec Le Passage de l'Indiana de Chaurette et Maîtres anciens d'après le roman de Bernhard ; au festival suivant, invité à monter Nathan le Sage de Lessing dans la cour d'Honneur, Marleau n'obtient qu'un succès d'estime. Depuis lors, il tourne ses nouvelles productions dans plusieurs théâtres en France et ailleurs dans le monde, en particulier une fascinante réalisation des Aveugles de Maeterlinck en 2002, qualifiée de « fantasmagorie technologique », du fait que les visages des deux acteurs, préalablement vidéographiés dans leur interprétation de tous les personnages, sont projetés sur des masques suspendus dans l'espace. À partir de 2000, on lui confie la direction artistique du théâtre français au Centre national des arts (Ottawa), fonction qu'il occupe durant sept saisons. 2008 le voit renouer avec la dramaturgie de Chaurette dont il crée Ce qui meurt en dernier.
Peu de metteurs en scène peuvent présenter un éventail aussi ouvert de spectacles. Le Théâtre UBU en a créé, dont le dénominateur commun est le haut niveau de l'auteur qu'il sert.
Classement
Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques
- Canada
- 20ème siècle
- 21ème siècle