HILAR Karel Hugo
Pseudonyme de Karel Hugo Bakule
Metteur en scène tchèque.
Lecteur et secrétaire au théâtre municipal de Prague depuis 1910, il est bientôt chargé de mises en scène et, en 1914, il est nommé directeur artistique. Influencé au début par Reinhardt, il fraie par la suite le chemin à l'expressionnisme tchèque et c'est sous sa direction que le théâtre municipal devient le centre des tendances artistiques modernes. En 1921, il est invité au Théâtre national et travaille ensuite à la tête de son ensemble dramatique jusqu'à sa mort.
Après Kvapil, il continue à renforcer le rôle dirigeant du metteur en scène, soulignant notamment son droit à une conception originale de l'œuvre dramatique. Dans la plupart des cas, il coopère alors avec le scénographe Hofman. Ses mises en scène se caractérisent par leur densité et leur dynamisme, par l'hyperbole, et des contrastes brusques (Ibsen, Peer Gynt, 1916 ; Strindberg, La Danse de mort, 1917 ; Krasiński, La Comédie non divine, 1918). Dans l'atmosphère révolutionnaire des années d'après-guerre, il met en scène des épopées sociales et philosophiques (Verhaeren, Les Aubes, 1920 ; Dvořák, Les Hussites, 1919). Il s'intéresse au mouvement des masses dans l'Histoire (Shakespeare, Coriolan, 1921). Au Théâtre national, son expressionnisme s'oriente vers la peinture des passions (Strindberg, Christine, 1922 ; Marlowe , Édouard II, 1922). Depuis le milieu des années vingt, ses mises en scène deviennent plus intimes : il vise alors à mettre au jour les valeurs éthiques universelles. Dans cet esprit il met en scène Hamlet (1926), Élisabeth d'Angleterre de Bruckner (1931), Œdipe roi de Sophocle (1932). Hilar explique ses idées dans des essais comme Divadelní promenády (Les Promenades théâtrales, 1915), Boje Proti včerejšku (La Lutte contre le passé 1915-1925, Prague, 1925), Pražská dramaturgie (La Dramaturgie pragoise, 1930).
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Tchéquie
- 19ème siècle
- 20ème siècle