GARRAN Gabriel

Paris, 1927 - Paris, 2022

Metteur en scène français.

D'extraction modeste, ayant dû travailler très jeune, Garran est un autodidacte. C'est par le militantisme au sein de mouvements de jeunesse qu'il découvre le théâtre vers 1950. Après diverses tentatives à demi manquées à Paris, il songe, à partir de 1960, à s'implanter dans la banlieue, tout à fait déshéritée alors sur le plan théâtral. Entreprise qui se situe dans le mouvement du théâtre populaire et de la décentralisation, et fortement influencée par la découverte de Brecht et du Berliner Ensemble. Le Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, ouvert en 1965, est le premier théâtre permanent de la banlieue parisienne et, sans doute, celui qui réussira le mieux à s'implanter dans la population locale. Il devient centre dramatique national (CDN) en 1975. Dès le début et constamment – se distinguant par là de la politique du répertoire du TNP et de la décentralisation –, Garran choisit de mettre l'accent sur la création : sur 83 œuvres montées, 65 sont inédites ; il ouvre son théâtre à de jeunes metteurs en scène et compagnies (Chéreau , Théâtre du Soleil, Bread and Puppet) et organise des « cycles de théâtre inédit ». Lui-même, en vingt ans de direction, aura mis en scène une quarantaine de spectacles. Parmi les plus marquants : Andorra de M. Frisch (1965), l'Instruction de Weiss (1966), Les Visions de Simone Machard de Brecht (1967), Auguste, Auguste, Auguste de Kohout (1972). Un répertoire où dominent, surtout au début, les préoccupations sociales et politiques et qui réclame, selon Garran, une mise en scène sobre, rigoureuse, visant la clarté du sens plutôt que le plaisir sensible. La découverte du théâtre québécois, grâce à Garneau dont il monte deux pièces (en 1976 et 1983), incite Garran à tenter une nouvelle aventure.

En 1985, il quitte la direction du théâtre de la Commune et fonde le Théâtre international de langue française (TILF), avec comme mission de créer un répertoire reflétant la diversité des écritures théâtrales de langue française à travers le monde. Pendant sept ans, le TILF se produit dans différents lieux d'accueil (Centre Pompidou, MC93, Chaillot…), puis s'implante en 1993 au pavillon du Charolais du parc de la Villette, aménagé en un théâtre de 160 places. Pendant deux décennies, Garran monte lui-même une vingtaine de spectacles (pour la plupart, des créations), parmi lesquelles, en 1985 Je soussigné cardiaque de Soni Labou Tansi (Congo), en 1986 l'Homme gris de Laberge (Québec) avec Piéplu (200 représentations), en 1988 Le Bal de N'Dinga de Tchicaya U Tam'si (Congo), en 1993 Cahier d'un retour au pays natal de Césaire, en 1997 Bintou de Kwahulé (Côte-d'ivoire), en 2002 Prodige de Nancy Huston (Canada), mises en scène qui témoignent de son évolution vers un théâtre fondé davantage sur l'émotion. Il a aussi accueilli de très nombreux spectacles venus d'une quarantaine de pays différents (près de 130 compagnies) et organisé des rencontres diverses (lectures, ateliers, « parloirs » thématiques ou géographiques de plusieurs semaines), faisant du TILF un lieu convivial d'échanges, de pluralités identitaires et de métissages.

À la fin 2004, il abandonne volontairement la direction du TILF, mais sans renoncer à la création avec sa nouvelle compagnie, le Parloir contemporain.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
  • Congo-Brazzaville
  • Congo-Kinshasa
  • Canada
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
13/02/2026

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Gabriel Garran