GANZL Serge

Paris, 1925 - Videlles, 1991

Scénariste, dialoguiste, auteur dramatique français

Serge Ganzl est un écrivain qui a goûté à toutes les techniques et s'est essayé à toutes les formes d'écriture. De la radiophonie, de l'écriture de livrets d'opéra ou de scénarios pour la télévision et le cinéma, rien ne lui échappe. Au théâtre, il poursuit essentiellement deux objectifs : adapter la littérature qui a magnifié des personnages populaires et inventer. Sa fonction d'adaptateur, d'« écrivain public », répondant à la commande d'une compagnie d'acteurs, l'amène à travailler sur Don Quichotte de Cervantès (m. en sc. Maréchal, 1972) et Capitaine Fracasse de Théophile Gautier (m. en sc. Garran, 1973). Par ces personnages emblématiques, il tente de révéler ce que nous sommes et ressentons aujourd'hui. La leçon de ces adaptations est, en effet, de nous inviter à reconquérir notre propre réel par le détour, non pas d'un rêve, mais d'une quête angoissée, comme celle du Capitaine Fracasse ou celle du chevalier errant, Don Quichotte. Cet exercice, l'adaptation, n'empêche pas Ganzl de traquer sa propre écriture. Il s'appuie alors sur l'observation et traduit la réalité quotidienne, parfois sordide, avec le souci de pervertir notre perception concrète du monde par l'affleurement de désirs jusque-là enfouis. La Bouche dit l'histoire d'une communauté d'exclus à la recherche d'une identité et d'une place dans le monde. La quête de l'autre et de soi est présente encore dans Albertine. Une femme seule, aux prises avec ses rêves, ses cauchemars, son enfance, sa vie ratée reste enfermée dans une « chambre somptueuse rouge feu », recroquevillée sur elle-même jusqu'à l'arrivée de son homme. Cette irruption masculine féroce accentue sa solitude. Faut pas faire ça tout seul, David Mathel traite de l'exil et de la mise au rancart d'un obscur employé modèle. Rebut de la société, il végète au milieu de déchets et de détritus. Ern, possession en neuf temps évoque le drame de la catastrophe nazie. Des personnages adhèrent à cette frénésie morbide de carnages. Comme un analyste, Ern questionne ces possédés. Il est le révélateur de leurs pulsions meurtrières inavouées. Dès qu'ils sont avec lui, les personnages se sentent coupables. Ce texte résume les tendances et les thèmes de l'écriture de Ganzl : les pulsions refoulées, la souffrance des corps, l'isolement, la douloureuse et difficile communication entre les êtres plongés dans un monde hostile, dont ils doivent apprendre à se moquer en vue de le dominer.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
Ajouter à Mon Dictionnaire
Imprimer Partager
Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/04/2026