DEBAUCHE Pierre
Auteur et adaptateur belge, comédien, metteur en scène, animateur et professeur de théâtre
On dit de lui que sa principale qualité est la polyvalence, et son principal défaut la discrétion.
Licencié des lettres de Louvain il est comédien depuis 1952 et joue au TNP avec Vilar dans La Mort de Danton ; ses débuts de metteur en scène datent de 1961. En 1963 il fonde le Théâtre Daniel-Sorano de Vincennes (maison des jeunes et de la culture) et se révèle un pionnier, pour la banlieue, de la décentralisation, expérience qu'il renouvellera deux ans plus tard à Nanterre, en lançant le Théâtre des Amandiers. Il y restera jusqu'en 1978 après avoir connu la consécration (codirection avec Laville de la maison de la culture de Nanterre en préfiguration, en 1968) et la désillusion (la maison est construite en 1977 mais le centre dramatique passe au Théâtre des Amandiers et Debauche démissionne en 1978). Parallèlement il fonde une école de comédiens-animateurs (1967-1969) et de 1972 à 1982 il est responsable d'un atelier au Conservatoire national d'art dramatique. Avant d'être nommé en 1984 directeur du Centre dramatique national du Limousin, il a travaillé à Lorient et à la Martinique. Debauche a une vocation de promoteur d'idées et de provocateur de créations : c'est lui qui à Limoges lance le projet de festival international des Francophonies ; c'est lui qui, dépourvu de salle et de moyens, sillonne le Limousin profond lors d'un « Printemps des granges » : jeu sous chapiteau ou au milieu des pailles. Déjà à Nanterre il avait joué sous tente et dans un hangar militaire.
En 1989 on le retrouve à Rennes, directeur à la fois de la maison de la culture et de la Comédie de l'Ouest : double rôle, et de création et d'animation, certainement encore d'éveilleur de talents, car Debauche est de ceux qui placent l'acteur au centre de l'activité culturelle : « La tâche de metteur en scène, en dehors d'un certain travail d'organisation, c'est moins de “mettre en scène” que montrer des acteurs qui jouent. » Il l'a prouvé, presque emblématiquement, avec Ghelderode pour qui il a une tendresse particulière, notamment avec L'École des bouffons (1987), mais il est aussi un ouvreur de pistes, lui qui monte pour la première fois la Judith de Hebbel et acclimate en France Ah ! Dieu que la guerre est jolie de Littlewood . Directeur du Théâtre du Jour à Agen, il fait connaître en 1996 et 1997 une pièce nouvelle, La Vie aventureuse de René Descartes de R. Angebaud et monte trois grands classiques (Le Songe d'une nuit d'été, Cyrano de Bergerac et Le roi se meurt). Debauche a fondé (en 1994) et dirige à Agen le Théâtre-école d'Aquitaine, école supérieure d'art dramatique et de comédie musicale ; il organise le Festival d'Agen à partir de 1995, jusqu'à sa mort.
Bibliographie sélective
- Les sensations insolentes , Pierre Debauche ; [préf. par Daniel Mesguich], [Limoges] : le Bruit des autres, 2001
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- Belgique
- 20ème siècle
- 21ème siècle