Francophonies
(Les)
en Limousin
Créé en 1984, à l'initiative de Debauche, alors directeur du Centre dramatique national du Limousin, et de Monique Blin, le festival international des Francophonies regroupe chaque année, à Limoges, au cours de la première quinzaine d'octobre, des comédiens, des musiciens et des auteurs dramatiques issus de l'ensemble du monde francophone.
Centré sur la création contemporaine de langue française, le festival favorise la rencontre et le dialogue entre des auteurs et des troupes originaires d'Afrique noire, du Maghreb, du Québec, des Caraïbes, de la communauté française de Belgique, de la Suisse… et de la France. La règle du jeu qui préside au festival veut en effet qu'auteurs et comédiens invités à Limoges soient tour à tour acteurs et spectateurs, permettant ainsi la confrontation féconde d'expériences, de techniques, d'idées et de pratiques langagières d'origines multiples. De cette manière, écrit Debauche, « nous cherchons à travers les représentations, les ateliers, les séminaires, à faire connaissance et que cette connaissance entre gens de théâtre devienne un compagnonnage, car c'est une tradition. Autour de l'image de la langue française, le théâtre suit les chemins de l'histoire de chaque pays, de l'univers de chaque auteur, du style de chaque compagnie ».
Placé par ses promoteurs sous le signe de la multiplicité linguistique et culturelle, le festival est devenu au fil des années l'une des manifestations francophones les plus importantes tant au plan national qu'international. Ainsi, lors du Ve festival, en 1988, en une période de quinze jours on a pu dénombrer 131 événements, dont 68 représentations théâtrales auxquelles ont participé pas moins de 200 comédiens jouant devant un public estimé à 18 000 spectateurs.
Parmi les pièces montées par le festival depuis sa création, on retiendra, à côté de multiples spectacles, la Termitière de Zadi Zaourou (1984), Antoine m'a vendu son destin de Sony Labou Tansi, la Métamorphose de frère Jéro de Soyinka (1985), les Guerriers de Garneau, le Bal de N'Dinga de Tchicaya U Tam'Si, la Tortue qui chante de Zinsou (1987), Commandant Jupiter et ses black nouchis de Souleymane Koly (1988), Qui a mangé Madame D'avoine Bergotha ? de Sony Labou Tansi (1989). Sous la direction de Patrick Le Mauff, la mise en scène québécoise – Lepage, Marleau, Mouawad – ainsi que les troupes belges les plus créatives – Tranquinquennal, Leporello, De Onderneming – ont pris une place prépondérante dans le festival. Successeur de Le Mauff, Marie-Agnès Sevestre, depuis 2006, s'attache à faire connaître un théâtre ouvert aux nouvelles technologies, ainsi que des créations chorégraphiques plus nombreuses.
La Maison des auteurs du festival, créée en 1988, accueille en résidence quatre à cinq écrivains par an, avec le concours (entre autres) du CNL (Centre national du livre). Depuis 2006, ils viennent d'horizons divers (théâtre, roman, jeune public, poésie) et sont très présents, pendant leur séjour, sur le territoire limousin.
Classement
Spécialité : Institutions et lieux
- France
- 20ème siècle