CLAUS Hugo
Écrivain belge d'expression flamande, metteur en scène, régisseur et peintre.
Après la Seconde Guerre mondiale, il domine la vie littéraire en Flandre par une production abondante de haute qualité dans les genres littéraires les plus divers : roman, poésie, scénarios de films tandis qu'on le retrouve comme metteur en scène en tant que praticien de l'audiovisuel filmique et théâtral. De tous les auteurs flamands, il a conquis le plus de lauriers : il est quatre fois titulaire du prix triennal de littérature dramatique belge. Son œuvre lui a valu également une des distinctions les plus honorifiques dans le domaine néerlandophone (Pays-Bas et Flandre) : le prix Constantin-Huyghens.
L'intérêt d'Hugo Claus pour le théâtre est indiscutable et reconnu depuis sa première œuvre : Een bruid in de morgen (la Fiancée du matin, 1955) remarquable par son analyse aiguë de la mentalité petit-bourgeois des Flamands. La langue est souple et fidèlement représentative du milieu dépeint. Par la suite, il écrira dans ce même style néo-naturaliste les textes les plus connus où il décortique le milieu ouvrier : Suiker (Sucre, 1958) et Vrijdag (Vendredi, 1969). Pas de deux étudie le monde du théâtre et dans Het haar van de hond (le Poil du chien, 1981) celui de la prostitution.
Dans une longue série de traductions et d'adaptations il traite ses thèmes de prédilection : le sexe, les sens, la cruauté. Sa langue est alors souvent exubérante et poétique mais aussi pathétiquement vulgaire, un style par lequel il rappelle Crommelynck, et que l'on retrouve dans des textes comme Thyeste (1966), d'après Sénèque, ou De Spaanse Hoer (la Prostituée espagnole, 1970), d'après la Célestine de Rojas. Les pièces de Claus tournent parfois à la farce et au grotesque. C'est le cas par exemple dans le Cheval à bascule (Het schommelpaard, 1988) et surtout dans une série de pièces politiques parues autour de 1970 en particulier : Vie et œuvre de Léopold II (1970), où il règle son compte au passé colonial belge au Congo. Pour les soixante-cinq ans de l'artiste, les Pays-Bas et la Flandre ont connu nombre de reprises, surtout des pièces classiques d'après Sénèque (Thyeste, Œdipe, Phèdre) ; Euripide (Oreste) et Sophocle (Œdipe à Colone). Onder de torens (Au pied des tours) devait être la dernière pièce, selon Claus qui en a publié, en 1996, quatre nouvelles, présentées comme théâtre à lire, avec interdiction formelle de les jouer – Visite ; Winteravond (Soirée d'hiver) ; De Verlossing (la Délivrance) ; De Eieren van de kaaiman (les Œufs de caïman) –, textes où abondent les allusions grinçantes à l'actualité politique et sociale.
La puissance des textes de Claus est enracinée dans une grande science de la pratique théâtrale, en particulier comme metteur en scène (de facture relativement conventionnelle). Cependant, il n'a jamais réussi, malgré tous ses efforts, à devenir le directeur d'une grande compagnie théâtrale belge ou néerlandaise.
Classement
Spécialité : Europe du Nord
- Belgique
- 20ème siècle
- 21ème siècle