ROJAS Fernando de

La Puebla de Montalbán, vers 1475 - Talavera de la Reina, 1541

Écrivain espagnol.

On sait peu de chose de lui. Il appartenait sans doute à une famille de conversos (juifs convertis). Après des études à Salamanque, il est magistrat à Talavera de la Reina.

On ne lui connaît pas d'autre œuvre que La Célestine ou Tragi-comédie de Calixte et Mélibée (La Celestina o Tragicomedia de Calisto y Melibea). C'est une œuvre exceptionnelle de la littérature espagnole par sa valeur dramatique, la vision qu'elle propose de la condition humaine et l'influence qu'elle a exercée. Sa genèse renferme un mystère. L'édition de 1499 comporte seize actes ; l'édition définitive de 1502, vingt et un. Enthousiasmé par la lecture d'un premier acte anonyme, de Rojas écrivit la suite, soit vingt actes en tout. La Célestine appartient au genre de la comédie humaniste créé par Pétrarque. Il s'agit en fait d'une action dialoguée plus que d'une tragédie au sens classique. Calixte, jeune gentilhomme, s'éprend à la folie de Mélibée, fille unique de Pleberio et Alisa. Les bons offices de la Célestine, vieille entremetteuse, facilitent les rendez-vous. L'amour enflamme aussi le cœur de Mélibée. Célestine, qui se joue de tous, est assassinée. Calixte, qui vient de quitter sa belle, se tue en tombant d'une échelle. Désespérée, Mélibée se précipite du haut d'une tour. Sa mort plonge ses vieux parents dans une atroce douleur. Sorcière diabolique et cynique, la Célestine domine le drame, révélant à la fois la cupidité des êtres et les turpitudes de la société. Ce chef-d'œuvre admirable par l'ingéniosité de la construction, l'intensité tragique alliée à la délicatesse du lyrisme, l'acuité psychologique et le réalisme des mœurs qu'il reflète, a donné lieu à des interprétations diverses. Drame de la passion fatale ou leçon de morale chrétienne, mise en garde adressée à une société inconsciente de ses failles cachées, leçon de lucidité contre les illusions, glorification du désir ou exaltation de la liberté individuelle, fût-ce au risque des désastres qu'elle peut entraîner, La Célestine préserve ses ambiguïtés en sauvegardant la part d'équivoque que renferme toute action humaine. Traduite en plusieurs langues dès le XVIe siècle, La Célestine a connu une fortune exceptionnelle par les continuations, les imitations ou les adaptations qu'elle a suscitées.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Espagne
Période(s) :
  • Renaissance
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026