CASTRI Massimo

Cortona, 1943 - Florence, 2013

Acteur de cabaret et de théâtre puis metteur en scène italien.

D'abord lié à l'agit-prop et à l'avant-garde, il se fixe ensuite à Brescia où, à partir de 1974, il dirige le Centre Théâtral. Par une recherche sur la tragédie classique (Sénèque, Sophocle) et surtout sur le drame bourgeois (Pirandello, Ibsen, Tchekhov), il fait de la dialectique entre le texte et le sous-texte une opération de décodage proche du travail onirique, et il adopte des scénographies abstraites pour commenter l'écart entre le discours manifeste et les stratégies latentes. Sa pratique « psychanalytique » est aujourd'hui, en Italie, la tentative la plus originale pour intégrer à l'institution officielle (l'ATER d'Émilie-Romagne, le Teatro Stabile en Ombrie, le Metastasio à Prato et enfin le Teatro Stabile de Turin en 2000), le besoin d'exploration culturelle propre au théâtre expérimental. Mais à Turin, où il démissionne en 2002, Castri se heurte frontalement aux problèmes structurels et politiques du théâtre public en Italie. En 2004, toutefois, il construit pour l'édition théâtrale de la Biennale de Venise un programme, centré sur Pasolini et Testori, de confrontation de la dramaturgie italienne avec d'autres écritures européennes.

Son parcours plus récent – sa deuxième manière en quelque sorte, après 1985 – montre son besoin récurrent d'approfondir et/ou de modifier, non par de simples reprises mais par de véritables créations, la lecture des auteurs désormais essentiels pour lui, auxquels il consacre plus de vingt mises en scène, soit environ la moitié de sa production : Pirandello, Ibsen, Goldoni, Euripide. À son opération initiale de désarticulation et recomposition des textes, Castri substitue une lecture philologique rigoureuse, notamment celle des didascalies interprétées à l'extrême, et une recherche exigeante sur la dynamisation de l'espace théâtral. Il construit alors son travail avec les acteurs à rebours des interprétations traditionnelles : il met au jour la cruauté de la normalité bourgeoise (le Bonnet du fou de Pirandello en 1989), la perte d'aura du capitalisme (John Gabriel Borkmann d'Ibsen, 1988 et 2002), la névrose qui, sous une socialité aimable, habite les personnages de Goldoni (les Rustres en 1992, la Trilogie de la villégiature en 1996), la portée contemporaine au regard de la société occidentale des actions des héros grecs (Électre, Hécube, Oreste entre 1993 et 1995, Iphigénie en Tauride en 2001, Alceste en 2006). En même temps, ses mises en scène assument toujours une dimension fantasmatique personnelle : la peur du vieillissement (J.G.B .), la ruine du principe masculin devant la force de la maternité (Père de Strindberg en 2007)…

Ainsi Castri parvient-il à une forme non conventionnelle de réalisme et d'actualité.

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Italie
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026