CASTORF Frank

Berlin, 1951

Metteur en scène allemand.

Un des artistes essentiels de la très vivante scène berlinoise d'aujourd'hui. Sa réputation – à maints égards sulfureuse – a largement dépassé les frontières de son pays. Directeur de la Volksbühne depuis 1992, après la chute du Mur, Castorf dont on peut voir désormais régulièrement les productions en France, a su redonner à cette célèbre institution un nouveau lustre, celui, paradoxal, d'un théâtre à la fois populaire et élitiste, tradition révolutionnaire et avant-gardiste impulsée notamment par Piscator puis par Besson. Son action à la tête de la Volksbühne comme ses spectacles et ses invités réguliers (Marthaler et C. Schlingensief) suscitent contestations et controverses. Ce qui n'est sûrement pas pour lui déplaire, habitué qu'il est à ce genre de situation qu'il a connu dès ses années de formation à Berlin-Est (en particulier auprès d'Ernst Schumacher de 1971 à 1976). De 1976 à 1978, il est dramaturge au théâtre de Senftenberg, puis présente ses premiers spectacles dans les théâtres de Greifswald et de Brandebourg. De là, il est « expédié » à Anklam où il se fait remarquer avec ses mises en scène de Shakespeare (Othello, 1982), de Brecht (Tambours dans la nuit, 1984), d'Ibsen (Nora, 1985), avant d'être remercié en 1985. Nourri de la contre-culture rock, influencé par les films de Godard, de Fellini ou de Wajda, expulsé de Berlin, il aura fait son apprentissage dans des petits théâtres de province dans lesquels, selon Carl Hegeman, il aura « expérimenté sa perception de l'interprétation des textes ».

Devenu indépendant par la force des choses à partir de 1985, il montera des spectacles à la Volksbühne et au Deutsches Theater de Berlin, avant de réaliser sa première mise en scène à l'Ouest avec un Hamlet (1989) donné à Cologne.

À la Volksbühne, Castorf poursuit son travail très minutieux à partir des textes classiques ou contemporains pour réaliser un théâtre d'actualité. Ce qui l'intéresse, c'est le temps présent ; il transpose donc les histoires qu'il choisit quitte à les distordre, à les raccourcir, à inclure des citations de films, des discours politiques… Rien d'étonnant s'il aime à s'appuyer sur une matière foisonnante (souvent romanesque) : Dostoïevski (les Démons, 1999 ; Humiliés et offensés, 2000 ; l'Idiot, 2001), Boulgakov (le Maître et Marguerite, 2003), Williams (Forever Young, 2000 ; Endstation Amerika, 2002) ; Norden, d'après Nord de Céline (Avignon, 2007).

Castorf, que l'on classe rapidement dans la mouvance du théâtre postdramatique, affirme avec force son origine est-berlinoise ; sur le toit de la Volksbühne brille le mot Ost (Est).

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Nord

Zone(s) géographique(s) :
  • Allemagne
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026

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