MARTHALER Christoph
Metteur en scène suisse.
Toute la carrière artistique de Marthaler est placée sous le signe de la musique. Rien d'étonnant à cela puisqu'il a entrepris des études musicales qui l'ont amené à travailler le hautbois et la flûte à bec. Il a donc tout naturellement intégré un orchestre comme hautboïste, puis a composé une dizaine d'années durant des musiques pour des metteurs en scène allemands et suisses. Il a ainsi travaillé dans les années 1970 auprès de Horst Zanki au Neumarket theater de Zurich, puis auprès de Peter Brogle. Il mène des expériences de free jazz à base d'instruments anciens et se tourne délibérément vers le théâtre en suivant, après 1968 et pendant deux ans, les cours de l'École Lecoq à Paris. Il présente en 1979 son premier spectacle, bien sûr musical, au Neumarkettheater de Zurich. Mais c'est véritablement Indeed (1980) qui marque ses grands débuts. Ces réalisations sont d'inspiration dadaïste, tout comme Vexations (1985) qui dure 24 heures et qui fait référence à Erik Satie. En 1988 il s'installe à Bâle où le directeur du Théâtre de la ville, Frank Baumbauer le sollicite. Ses essais théâtraux dans lesquels la musique continue à jouer un rôle prépondérant sont désormais aussi réguliers que décapants, comme son Stägeli uf, Stägeli ab, juhee ! (1990) présenté lors de la commémoration du 7 e centenaire de la Confédération helvétique. En 1991 il monte une pièce dont il n'est pas l'auteur , L'Affaire de la rue de Lourcine de Labiche, spectacle qui marque les débuts de sa collaboration avec Stefanie Carp et la scénographe Anna Viebrock avec lesquelles il ne cessera de travailler.
C'est son spectacle Murx de Europäer ! Murx ihn ! Murx ihn ! Murx ihn ab ! (Bousille l'Européen ! Bousille-le ! Bousille-le !, 1993) qui, avec huit années de tournée, le consacre au plan international. Le titre est parlant et désigne une sorte de requiem politique pour la RDA… Le style de Marthaler s'affermit dans ses productions suivantes présentées à la Schauspielhaus de Hambourg : Die Hochzeit , Kazimir und Karoline , Die Spezialisten, ein Gedenktraining für Führingskräfte (Les Spécialistes, un entraînement mémoriel pour cadres, 1995). Marthaler alterne créations de ce type, très personnelles (Groundings, 2003) et mises en scène tout aussi personnelles et à l'intelligence analytique remarquable de textes « classiques » de Shakespeare, Tchekhov ou Büchner (Danton's Tod, 2005). Mais c'est toujours un théâtre satirique et burlesque, hérité du dadaïsme, qui joue avec la réalité sociale et politique du moment. C'est un régal de le voir combiner mordant sarcastique et finesse musicale dans Seemannslieder (La Bonne Espérance, Odéon, 2005), dans Les Dix Commandements de Raffaele Viviani (Bobigny, 2004) ou dans Contes de la forêt viennoise de Horvath (Festival d'Automne, 2007). Mêmes qualités dans le pot-pourri réalisé à partir de textes de Maeterlinck (2007) où la musique est prépondérante.
L'opéra, bien sûr, le sollicite, notamment en la personne de Sylvain Cambreling : Pelléas et Mélisande, Fidelio, Katia Kabanova, Les Noces de Figaro…
Nommé en 2000 à la direction du Schauspielhaus de Zurich, il se voit contraint de reprendre ses valises de metteur en scène, ô combien indépendant, en 2004.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Suisse
- 20ème siècle
- 21ème siècle