Tableau

Originellement employé en peinture, ce mot a pris dans le vocabulaire du spectacle un sens particulier, désignant la subdivision d'un acte qui correspond à un changement de décor (« un opéra en deux actes et quatre tableaux »). Le tableau est alors la plus commode division d'un ouvrage difficile à mettre en scène : revues et féeries exigent la ponctuation du baisser et du lever de rideau entre les tableaux. On appelle également tableau un effet plastique, suspendu dans le temps grâce à l'immobilité des acteurs, qui les réunit dans un moment fort de l'action. Ce type de tableau, avant de grossir l'arsenal de la mise en scène moderne, était fréquent sur la scène romantique, notamment dans les mélodrames de Pixerécourt, en fin d'acte. Aujourd'hui, le terme peut prêter à polémiques : le « picturalisme » qui définit certains metteurs en scène développe-t-il une esthétique fondée sur le tableau ? Depuis Robert Wilson, les analyses divergent.

En outre, le tableau fait également partie du vocabulaire théâtral quotidien, au moins depuis le début du XIXe siècle : c'était sur ce petit cadre grillé, placé dans les foyers et dans les couloirs, que le personnel prenait connaissance de tout ce qui concernait le service : répétitions, lectures, leçons, réunions, réprimandes.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026