Roman et théâtre
au XIXe siècle
Roman et théâtre entretiennent tout au long du XIXe siècle une étroite complicité. Dès la Révolution (avec la vogue du roman noir) et l'Empire, le roman apparaît comme un réservoir d'imaginaire dans lequel les auteurs dramatiques puisent à l'envi situations et intrigues. Par exemple, tôt dans le siècle, Pixerécourt empruntera de nombreux sujets de drames à Ducray-Duminil. L'écriture romanesque innervera ainsi longtemps l'esthétique spectaculaire d'un théâtre de péripéties et de pathos. Le transfert s'opérant généralement du roman au théâtre, s'instaurent des manières d'équivalences entre les deux formes d'expression. Les nouveaux moyens de la mise en scène permettent de visualiser en tableaux les descriptions ; le texte imprimé se trouve infiltré de nombreuses didascalies descriptives. Dialogues romanesques et théâtraux tendent aussi à se rapprocher. Le théâtre obéit certes à des codes moraux et sociaux plus contraignants, à des patrons esthétiques plus conventionnels, mais bénéficie d'un grand prestige, rapporte plus d'argent et surtout amplifie la puissance des idées, des images et des émotions. Deux cas exemplaires, celui de La Dame aux camélias, roman de 1848, transcrit au théâtre en 1852, et dont le succès décida de la carrière théâtrale de Dumas fils, et celui d'un des plus grands succès du théâtre « oculaire » du XIXe siècle, Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873) de Jules Verne, adapté en 1874 par Dennery.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- 19ème siècle