Public
[en Grèce ancienne]
Le public était étroitement associé aux représentations dramatiques en Grèce ancienne car celles-ci donnaient toujours lieu à un concours et les décisions du jury tenaient le plus grand compte des réactions du public.
Celui-ci est très large. À Athènes, toute la population était admise sur les gradins : femmes (pourtant exclues de la scène), enfants, esclaves, étrangers. Le prix des places était modique. À l'époque classique les citoyens d'Athènes les plus démunis percevaient une allocation spéciale, le theoricon, pour pouvoir acquitter le prix de leur place.
Le public grec s'exprimait bruyamment. Il n'était pas avare de ses applaudissements ni de ses acclamations, mais il prodiguait encore plus généreusement invectives, sifflets, gloussements, claquement des talons. Les acteurs pouvaient même redouter des violences physiques : les spectateurs n'hésitaient pas à lancer des pierres à ceux qui leur déplaisaient et tout simplement à celui qui jouait le rôle du méchant. Car le public s'investissait totalement dans le spectacle et la distanciation y était réduite au minimum. Ainsi s'expliquent certaines réactions célèbres : la fuite des spectateurs terrorisés devant l'apparition des masques des Érynies dans Les Euménides d'Eschyle par exemple. À Athènes les prix étaient décernés par un jury tiré au sort parmi les citoyens des dix tribus. Ces dix jurés présidés par un archonte votaient à bulletin secret et inscrivaient sur une tablette les noms des trois premiers concurrents qu'ils désiraient voir proclamer vainqueurs.
Selon Platon le public avait fini par exercer une véritable tyrannie. Le philosophe déplore les effets de cette theatrocratia. Mais, si l'on en juge par les œuvres conservées, dont la majorité fut primée, le public de l'époque classique savait reconnaître et honorer le talent.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- Grèce
- Antiquité grecque