Poème dramatique
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, cette appellation est synonyme d'œuvre dramatique, et possède une valeur générique, puisqu'elle comprend l'ensemble des genres dramatiques. Les autres textes de fiction sont de la même manière désignés comme poèmes épiques, héroïques ou lyriques. Si le fonds commun de ces expressions est la composition en vers, la désignation de l'œuvre de théâtre comme « poème dramatique » s'autorise surtout de la référence à Aristote, qui fait de l'auteur dramatique un « poète d'histoires plutôt que de mètres », et définit le « poème » tragique essentiellement comme agencement des faits et élaboration de la fable. Toutefois, et en dépit de la place prépondérante accordée à l'histoire, le poème dramatique est bien aussi « poème » au sens moderne : écrit le plus souvent en alexandrins jusqu'au XVIIIe siècle, ne tolérant l'usage de la prose pour la comédie qu'à partir de Molière, il présente, dès le XVIe siècle, de nombreuses parentés avec le lyrisme, dans l'usage qu'il fait de la stichomythie et dans l'introduction, fort importante pendant les deux premiers tiers du XVIIe siècle, de formes comme les stances, les dialogues lyriques, les poèmes ou les lettres en vers. Si le théâtre se départ progressivement de sa forme versifiée, en passant d'abord, avec Hugo ou Rostand par exemple, par une déconstruction de l'alexandrin classique, il n'abandonne jamais véritablement la voie du lyrisme [voir Poésie et théâtre].
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens