Plateau
C'est l'espace scénique où évoluent les acteurs et où s'implante le dispositif scénique nécessaire au jeu. Ce terme quelque peu ambigu semble dériver du cinéma et de la télévision. À l'origine, c'est le plancher ; ce qui a donné naissance à l'expression les planches symbolisant, dans le langage courant, le théâtre (monter sur les planches, brûler les planches). Le mot désigne aujourd'hui à la fois le plancher et la totalité de la scène. On peut dire aussi qu'il se rapporte plus au travail des techniciens (machinistes de plateau), quoique plateau désigne aussi la distribution artistique d'un spectacle (un plateau prestigieux).
Traditionnellement en bois (parquet de sapin, de châtaignier ou plaques de contreplaqué), le plateau obéit généralement à des subdivisions topologiques et fonctionnelles [voir Scène]. De la face au lointain, le plateau se divise en plans anciennement délimités par le jeu successif des rues, et des fausses rues circonscrites par les costières [voir Translation et Châssis]. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le plateau comportait de huit à dix plans. Les bandes composant le plateau se découpent en trappes (rue) – et éventuellement en trappillons (fausse rue) – amovibles permettant la relation avec les dessous de scène, et même le déshabillage total. La dimension et la configuration des trappes varient beaucoup selon le type de scène, et le système de construction employé (environ 1,15 m × 1,15 m pour une scène à l'italienne, par exemple 1,20 m × 2,40 m pour une scène amovible constituée à partir d'éléments modulables, de 6,50 m × 6,50 m et 19,50 m × 19,50 m pour les plateaux élévateurs de l'Opéra-Bastille). Généralement un plateau doit pouvoir supporter une charge utile de 500 à 750 kilos au m2 . Le plateau est porté dans les dessous par un système tramé de poteaux, potelets, entretoises qui doivent eux aussi pouvoir être amovibles, ou par des systèmes de vérins, pour permettre son élévation ou sa gradation. Enfin, la pente – traditionnelle sur les scènes classiques (3 à 4 cm par mètre) – a pour ainsi dire disparu des scènes contemporaines.