Pageant

Les pageants sont à l'origine des spectacles inspirés des Écritures, qui se déroulent sur plusieurs jours dans les rues des villes de l'Angleterre médiévale. Le terme est aussi utilisé dès le XIIIe siècle pour désigner les manifestations organisées à l'occasion de la visite d'un étranger de marque, d'un couronnement ou d'une victoire militaire. Après la Réforme, les processions à caractère religieux disparaissent, remplacées par des pageants civiques fixés le jour de la fête de saints nationaux ou populaires (Saint-Georges, Saint-Jean). Ces tableaux vivants donnent lieu à des défilés hétéroclites : animaux fabuleux, saints avec leurs emblèmes, chorales d'enfants habillés en anges, géants, hommes sauvages, danseurs de morisque. Ils animent les points stratégiques de la cité, en haut des remparts, portes, fontaines ou arcs de triomphe. Lors des grandes occasions on met du vin aux fontaines. À Londres, il existe aussi divers jeux et joutes nautiques sur la Tamise (combats navals, feux d'artifice tirés sur l'eau). Fêtes bourgeoises à la charge des corporations, les pageants constituent des manifestations richement emblématiques, porteuses d'un langage que les élisabéthains savaient déchiffrer. Des dramaturges comme Dekker, Jonson ou Munday collaborent à ces fêtes municipales. Shakespeare, lui, s'en abstient. Il utilise cependant le terme seize fois dans son œuvre et recourt très largement au symbolisme autant qu'aux riches possibilités de spectacle que le pageant offre pour la représentation théâtrale.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

Zone(s) géographique(s) :
  • Royaume-Uni
Période(s) :
  • Moyen âge
  • Renaissance
  • 17ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026