Liban
(Le théâtre au)

Le théâtre libanais, aux origines communes avec celui de la Syrie, saura en permanence allier la recherche d'une identité propre à une ouverture vers les cultures étrangères. C'est en 1847 que naît à Beyrouth le théâtre de type occidental en langue arabe avec la création par Maroun al-Naqqâsh d'Al-Bakhil librement adapté de L'Avare de Molière.

C'est essentiellement dans les établissements confessionnels chrétiens d'enseignement privé et dans les sociétés littéraires ou philanthropiques que devait se développer, entre les années 1868 et 1920, le théâtre dans ce pays. Les animateurs de ce mouvement empruntent au répertoire français, italien ou turc le canevas de pièces autour duquel ils improvisent des spectacles présentés sporadiquement. Des œuvres d'intérêt local sont également créées. Dans les années 1920-1930, quelques salles de spectacle sont construites dont une, Masrah Farouk, resta en exercice jusque vers la fin des années soixante.

En 1960 le mouvement théâtral contemporain se structure avec la création par Antoine Moultaqâ de l'Académie d'art dramatique à l'université libanaise et la création par Mounir Abou Debs d'une troupe rattachée au festival de Baalbeck, festival qui joue, alors, et jusqu'à son interruption en 1977, un rôle essentiel d'ouverture sur les grands courants internationaux de création. Hassan Ala'el Din dit Chouchou, animateur et acteur principal d'une troupe populaire, suscite l'enthousiasme des foules avec des comédies satirico-sociales. À la même époque les théâtres de langue française avec le Centre universitaire d'études dramatiques, animé par Assaf, anglaise avec le Drama Club de l'université américaine, et arménienne avec les mises en scène de Berge Fazlian, participent à ce mouvement novateur. Les auteurs d'origine libanaise expatriés : Schehadé, Chedid, perpétuent en France la présence libanaise dans la création dramatique dont les précurseurs furent Michel Sursock et Chekri Ghanem.

Durant les événements qui ont secoué pendant deux décennies le Liban, le théâtre de langue arabe, marquant le recul de l'influence française et la nécessité de s'adresser à un public vitalement impliqué dans la recherche de sa spécificité, va prendre un essor important : les metteurs en scène Jalal Khoury, Assaf, les auteurs Issam Mahfouzet Raymond Gebaraen sont les principaux artisans. Le théâtre de Beyrouth (créé en 1965 et rénové en 1991), le théâtre Al-Madina (créé en 1994 par la comédienne Al Achkar), le théâtre Monnot fondé par l'université Saint-Joseph en 1997, et l'Association SHAMS (née en 1999) qui regroupe, autour de Roger Assaf, de jeunes créateurs libanais dans un projet coopératif d'animation culturelle, sont devenus des lieux importants de création. La reprise du Festival de Baalbeck et l'ouverture du Festival de Beit Eddine au théâtre confortent cette action qui persiste et se développe malgré les vicissitudes d'une situation sociale et politique dramatique.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Maghreb et Moyen-Orient

Zone(s) géographique(s) :
  • Liban
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026