Élévation
(Machinerie d')
L'élévation regroupe les mouvements de montée et de descente effectués à partir du plateau ou des dessous de la scène, exercés sur une partie ou sur la totalité du plateau pour permettre des effets d'apparition ou de disparition (trappe d'apparition) ou d'amenée et de déblai d'un élément de décor (plateau élévateur) ou pour régler le niveau et le volume d'une fosse d'orchestre (fosse mobile).
Dans la machinerie dite à l'italienne, les mouvements d'élévation, de translation et de levage sont coordonnés et actionnés par des machines semblables disposées dans les dessous et dessus au service d'une esthétique scénographique homogène aujourd'hui pratiquement disparue [voir Châssis et Machinerie]. À cette tradition appartient l'actionnement des fermes fondues dans les dessous et celui des trappes d'apparition. La trappe d'apparition (ou tampon) est une sorte d'ascenseur ponctuel formé d'un bâti de bois ou de métal coiffé d'un plateau sur lequel prend place l'acteur ou l'objet. Disposé dans le premier dessous, il coulisse verticalement grâce à des âmes parallèles glissant dans des cassettes fixées à la structure du dessous. Le mouvement s'obtient grâce à un fil de renvoisitué perpendiculairement au bâti et parallèlement à la face de la scène, passant d'un côté à l'autre du bâti par en dessous à l'aide de poulies, relié à un contrepoids. Le jeu alternatif du contrepoids puis du poids de l'acteur, provoqué par la commande d'un bout puis de l'autre du fil de renvoi, actionne le tampon. Ce mouvement est coordonné avec l'escamotage de la trappe située sur le plateau à l'aplomb supérieur du tampon. L'escamotage est réalisé par le système de la trappe à tiroir: la trappe concernée de la rue glisse le moment venu sous sa voisine pour libérer le passage, puis reprend sa place. Ce système peut mettre en branle la totalité d'une demi-rue pour dégager un tampon d'une même valeur (origine de l'appellation « tiroir »). Le tampon peut donc varier dans ses dimensions : traditionnellement, il correspond à une trappe (environ 115 × 115 cm) dans un théâtre au plateau divisé en rues et fausses rues. Il peut avoir d'autres dimensions et s'adapter à des configurations spécifiques. Les tampons du décor d'Hamlet de Peduzzi en 1988 en sont un parfait exemple. À partir d'une certaine dimension et de l'extension du principe à la plus grande partie du plateau, on a affaire à des plateaux élévateurs. Quand la totalité du plateau est constituée de ce principe, il s'agit d'une scène élévatrice. Cela sous-entend l'emploi d'une autre force, hydraulique ou électrique [voir Moteurs], le recours aux vérins ou à d'autres systèmes. L'Opéra de Budapest (1884) possède un des premiers équipements à plateaux élévateurs utilisant le système Asphaléïa mis au point par un bureau d'études techniques de l'époque ; Garnier, après avoir envisagé cette technique, y a renoncé, la jugeant peu fiable. On peut distinguer deux catégories de scène élévatrice. Soit la scène est divisée régulièrement et chaque partie se meut indépendamment des autres. Cela permet par exemple le gradinage du plateau. Soit la scène est divisée dans le sens de la profondeur en trois ou quatre parties sur toute la largeur de la scène, parties solidarisables pour former un seul bloc. Cela fait jouer au plateau le rôle d'un immense monte-charge, permettant la mise en place de décors construits et leur manutention sans démontage. Cela suppose des dégagements scéniques importants, à cour, à jardin, au lointain et dans les dessous, le recours aux plates-formes roulantes et au principe de translation, et une combinaison des deux systèmes.
Classement
Spécialité : Technique et créateurs techniques