Cour
(Théâtre de)
La cour est friande de divertissements, notamment en temps de carnaval : intermèdes de banquets mis en scène au XVe siècle en défilés de chars ; danse noble vite théâtralisée en ballet ; tournois réglés en ballets équestres (fin du XVIe siècle), puis intégrés à des représentations de palais. D'où ces « fêtes théâtrales » mariant tous les arts, du Ballet comique (1581) aux divertissements de Versailles dont procède la comédie-ballet de Molière. Certes, la comédie érudite et la tragédie humaniste, aristocratiques par essence, s'imposent grâce au public de cour dès la Calandria de Bibienaet la Sophonisbe du Trissin, mais avec des intermèdes récréatifs, pastoraux et machinés ; son goût ira plutôt à la pastorale dramatique du Tasse (Aminta, 1573) qui l'idéalise en un âge d'or mythologique, puis de Guarini (Il Pastor fido, 1589), dont les éléments machinés ou satyriques s'apparentent aux truculences de la commedia dell'arte, favorisée de toutes les cours d'Europe. Simultanément, la langoureuse pastorale donne jour à Florence à la diction récitative, prétendument renouvelée des Anciens : après Monteverdi (Orfeo, 1608), l'opéra, par son luxe raffiné et son caractère de théâtre total, devient progressivement par toute l'Europe, jusqu'en Suède et en Russie (mais marié en France au ballet de cour), le genre du prince, même après l'ouverture de théâtres publics d'opéra, à Venise dès 1637.
Bibliographie sélective
- From art to theatre , form and convention in the Renaissance, George R. Kernodle
- Les origines italiennes de l'architecture théâtrale moderne , l'évolution des formes en Italie de la Renaissance à la fin du XVIIe siècle, Hélène Leclerc ..., Paris : E. Droz, 1946
Classement
Spécialité : Technique et créateurs techniques