UNAMUNO Y JUGO Miguel de
Philosophe, romancier, essayiste, poète espagnol dont l'œuvre a profondément marqué son temps.
Unamuno aborde le théâtre comme théoricien, avec l'essai La Regeneración del teatro español (La Régénération du théâtre espagnol, 1896), plaidant pour un art qui renoue avec la tradition populaire ; mais c'est aussi par la traduction (L'Honneur de Sudermann, 1893 ; Médée de Sénèque, 1933) qu'il prouve son attachement à l'art dramatique. La Esfinge (Le Sphinx, 1898) présente les « luttes de la conscience religieuse » ; La Venda (La Bande, 1899), montre l'aveugle qui, ayant recouvré la vue, doit se bander les yeux pour trouver son chemin. À ces pièces sombres, succèdent en 1909 les saynètes La Princesa doña Lambra (La Princesse doña Lambra) et La Difunta (La Défunte), une Phèdre inspirée d'Euripide et de Racine, mais modernisée et devenue chrétienne (1910). Soledad (Solitude) et Raquel encadenada (Rachel enchaînée) abordent en 1921 les drames de la maternité frustrée et sont aussi des allégories contre l'égoïsme. Todo un hombre (Un homme véritable, 1925), adaptation scénique d'un roman de 1916, intéresse Pirandello. Sombras de sueño (Ombres de songe) et El Otro (L'Autre) abordent en 1926 les conflits entre fiction et réalité, abolissent les frontières du réel, interrogent l'identité même des personnages. El Hermano Juan o el Mundo es teatro (Frère Jean ou le Monde n'est que théâtre, 1929) traite de Don Juan, héros d'un monde de la pure représentation. Intellectuel et abstrait, ce théâtre passe pour difficile à monter et a été tardivement mis en scène. Partiellement traduit en allemand, en italien ou en anglais, il ne l'a jamais été en français.
Bibliographie sélective
- Iris M. Zavala. Unamuno y su teatro de conciencia , Salamanca, 1963
- El Teatro de Unamuno , Andres Franco, Madrid : Insula, 1971
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Espagne
- 19ème siècle
- 20ème siècle