SIREUIL Philippe
Metteur en scène belge.
Élève, de 1970 à 1974, à l'Institut national des arts du spectacle (INSAS) où il se passionne pour les enseignements conjoints d'Arlette Dupont, de René Hainaux et de Gaston Jung – dont il deviendra l'assistant –, il est d'abord attiré par les métiers techniques du théâtre : régie, électricité, son… Aujourd'hui encore, il signe les éclairages de ses propres mises en scène.
Incité par l'expérience-phare du Théâtre du Parvis, il fonde en 1977 sa propre compagnie, le Théâtre du Crépuscule, avant de prendre l'initiative en 1982 du Théâtre Varia, à la codirection duquel le rejoignent Delval et Dezoteux.
Sa première mise en scène, L'Entraînement du champion avant la course de Deutsch indique bien la préférence qu'il accorde à l'écriture contemporaine : à côté de Handke, Bernhard, Koltès, Minyana, Lagarce, Azama et Harrower, il révèle à la scène des auteurs belges, Paul Emond avec Les Pupilles du tigre (1986) et surtout Piemme – dont la réflexion dramaturgique accompagne par ailleurs les spectacles de Sireuil depuis 1979 – avec Sans mentir (1990), Commerce gourmand (1991), Le Badge de Lénine (1992), Scandaleuses (1994), Les Forts, les faibles (1995), Café des patriotes (1998), Toréadors (1999), Emballez, c'est pesé (2001) et Dialogue d'un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis (2007).
Au sein du répertoire, il est surtout attiré par les écrivains de la « charnière », celle qui articule la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle : Strindberg avec La Danse de mort (1989), Claudel avec L'Échange (1990) et Partage de midi (1999), Tchekhov avec La Mouette (1991) et Oncle Vania (1992) voire Ostrowski avec La Forêt (2007), dont il exalte la poétique en creusant les déchirements, les désarrois, les crises identitaires et la cruauté. Chez Musset enfin, dont il lit les pièces comme de petits drames d'apprentissage (Les Caprices de Marianne, 1990, et On ne badine pas avec l'amour, 1995), il met en valeur la dialectique de l'innocence et du désespoir, dont il fait, au prix d'un jeu de mots, sa profession de foi dramaturgique : « ludicité/lucidité ». Directeur effectif du Théâtre Varia de 1988 à 2000, puis de l'Atelier Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve de 2001 à 2003, il est artiste associé au Théâtre National de Belgique depuis 2005. Professeur d'art dramatique à l'INSAS pendant une vingtaine d'années, Sireuil est aussi metteur en scène d'opéra.
Classement
Spécialité : 21ème siècle
- Belgique
- 20ème siècle
- 21ème siècle