RACHILDE
Pseudonyme de Mme Alfred Valette, née Marguerite Eymery
Femme de lettres et auteur dramatique française.
Elle inaugure avec succès une sorte de re-création de l'œuvre de Sade dans de nombreux romans comme Madame de Sangdieu (1878) ou La Marquise de Sade (1887) ; « incorrigible casuiste du mal », suivant Jean Lorrain, lui-même dandy obsédé par la perversité, Rachilde met en scène dans ses trois pièces, La Voix du sang (1890), Madame la Mort (1891), L'Araignée de cristal (1894), des curiosités étranges, des personnages hystériques et névrosés, et se plaît à décrire le fantastique avec un réalisme haletant. Rachilde n'épargne aucun détail susceptible de frapper le spectateur et proclame la victoire de la sexualité sur les lois morales et divines admises en son temps, en soulignant ses idées originales grâce à un style passionné, d'une extraordinaire richesse.
Son mariage avec Alfred Valette, avec lequel elle fonde la revue Le Mercure de France le 1er janvier 1890, la propulse au premier rang du monde littéraire parisien ; mêlée au mouvement symboliste, elle inaugure le théâtre d'Art en 1890 avec son drame La Voix du sang ; possédant un goût très sûr, elle exerce une grande influence sur les écrivains de son époque, grâce à son salon renommé et très fréquenté et par la protection qu'elle étend sur certains auteurs comme Jarry ; elle en découvre la première le génie dans son essai, Alfred Jarry ou le Surmâle des lettres (1928).
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle
- 20ème siècle