PONSARD François
Auteur dramatique français.
Il achève de tuer le drame romantique, qui n'avait jamais obtenu de véritable triomphe : Henri III et sa cour, de Dumas père, n'a été représenté que quarante-neuf fois ; Hugo n'a pas obtenu plus de succès : trente-neuf représentations pour Hernani et quarante-neuf pour Angelo, tyran de Padoue. Les triomphateurs de l'époque « romantique » sont Delavigne et Scribe, partisans d'un « théâtre raisonnable » et qui plaît à la majorité du public, la bourgeoisie. Celle-ci est donc prête à accueillir Ponsard, partisan de l'« éclectisme littéraire » qui « corrige » Shakespeare par les idées de Racine et « complète » celles-ci par les vues de Shakespeare : aussi l'année même de l'échec des Burgraves (1843) de Hugo, qui marque la fin de la grande époque romantique, Ponsard triomphe avec sa tragédie Lucrèce, qui traduit une réaction contre les exagérations du drame romantique et un retour aux tentatives de Delavigne. Dépassant le succès de circonstance, il représente une « charnière », car il rajeunit la tragédie par une liberté plus grande dans la conduite de l'intrigue, la hardiesse des situations et utilise un style plus familier, fondant ainsi habilement classicisme et romantisme, juste au moment où la célèbre actrice Rachel fait applaudir, après un demi-siècle d'oubli, la tragédie classique honnie par la jeunesse romantique.
Ponsard continue avec des tragédies aux sujets plus modernes, Virginie (1844), Agnès de Méranie (1845), deux comédies, L'Honneur et l'Argent (1853), La Bourse (1856), et deux drames historiques, Le Lion amoureux (1866) et Galilée (1867).
Bibliographie sélective
- La fin du théâtre romantique et François Ponsard , d'après des documents inédits, par C. Latreille,..., Paris : Hachette, 1899
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle