POLIERI Jacques

Toulouse, 1928 - Paris, 2011

Metteur en scène, scénographe français, créateur d'une scénographie moderne, théorie originale de l'action et de l'espace construits

Fondateur des festivals de l'art d'avant-garde – points de rencontre pluridisciplinaires des œuvres et des novateurs contemporains les plus importants – dans les « Cités radieuses » de Marseille (1956), de Nantes (1957), à Berlin, et une nouvelle fois à Paris, au Louvre et à l'Unesco en 1960. On lui doit également de nombreuses mises en scène et créations originales (Mallarmé, Kafka, Pirandello, Kandinsky, Ionesco, Schnitzler, Tardieu, Butor, Arrabal, Faye) pour lesquelles il inaugure des recherches d'ordre formel, et utilise des procédés audiovisuels et des techniques modernes : projections polyvisuelles (1953), films (1954), eidophore-grands écrans vidéo (dès 1964), images numériques. Il a présenté aussi des spectacles, dont il est à la fois l'auteur et le réalisateur (Gamme de 7, C²/ 49, Famille de gestes, 1967) et des films (Sonorité Jaune, 1976, El Aleph, 1989-1990).

Il a en outre conçu des événements et édifié des lieux scéniques ou de communication de conception révolutionnaire : premier Théâtre annulaire mobile, en 1960 à Paris, dans lequel le public, installé sur une plate-forme circulaire rotative, se trouve entouré par le spectacle en mouvement (deux scènes en anneaux, l'une fixe, l'autre mobile) ; en 1968, le théâtre mobile de la maison de la culture de Grenoble construit par Wogensckyselon les mêmes principes ; en 1969 un Théâtre dissymétrique à la Fondation Maeght ; un Théâtre du Mouvement total, salle mobile tridimentionnelle, à l'Exposition mondiale d'Osaka (1970), puis en 1972, création des « Jeux de communication vidéo » pour une « Rue des loisirs » aux jeux Olympiques de Munich ; enfin, en octobre 1980, un spectacle électronique sur écrans multiples géants – première liaison grand public d'images vidéo créées par ordinateur, à l'échelon national, reliant simultanément Paris, Lille, Strasbourg et Cannes.

Il a conçu depuis une série de spectacles multimédias complétés et prolongés par des vidéotransmissions inter-continentales en relations interactives : images numériques créées par ordinateur et projetées sur écrans géants, hologrammes (Paris-Cannes-New York, 1981, Paris-New York-Tokyo-Cannes, 1983). Ses conceptions ou recherches concernent le large champ de l'audio-vidéo et de la mise en espace de l'action. Elles traitent, entre autres, des typologies esthético-techniques, de leurs similitudes ou ambiguïtés, de leurs connexions et de leurs influences sur la mise en scène. L'image et la stéréométrie scénique, leurs notations et sémiographies, relèvent également, dans ce contexte, de règles spéculatives (traces, symétries, surfaces virtuelles).

Ces thèses ou doctrines débouchent encore sur un certain nombre de formulations ou théorèmes, concernant une cinétique et/ou cinématique particulières, théorie plus générale du mouvement, du jeu et de l'acte de fiction. Elles sont, le plus souvent, suivies d'une application dont elles constituent formellement le corollaire.

L'ensemble de l'œuvre de Polieri est une synthèse qui abolit la notion de limites et de séparation des genres ou des techniques et renouvelle fondamentalement l'idée de représentation.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026