O'CASEY Seán

Dublin, 1880 - Torquay, 1964

Auteur dramatique irlandais.

Issu d'une famille protestante très modeste appauvrie encore par la mort de son père en 1886, John Casey (qui devait par la suite irlandiser son nom) souffrant, de surcroît, de graves troubles oculaires, eut, si l'on en croit les Autobiographies, une enfance et une adolescence particulièrement douloureuses. Il fit sur le tas – comme ouvrier dès quatorze ans, comme secrétaire de l'Irish Citizen Army et membre de la Ligue gaélique – l'expérience du Dublin dont il décrirait si bien la vie, à divers moments décisifs : la grève générale de 1913 dans Roses rouges pour moi (Red Roses for me, 1942-1943), les Pâques sanglantes de 1916 dans La Charrue et les Étoiles (The Plough and the Stars, 1926), la guerre d'indépendance dans sa première pièce, L'Ombre d'un franc-tireur (The Shadow of a Gunman, 1923), la guerre civile qui suivit le traité octroyé par les Anglais dans Junon et le Paon (Juno and the Paycock, 1924). Junon connut un succès qui ne devait jamais se démentir, mais La Charrue blessa les susceptibilités de ses concitoyens et, comme Le Baladin de Synge, provoqua des émeutes au théâtre de l'Abbaye. Celles-ci jouèrent un rôle dans la décision d'O'Casey de s'exiler, d'autant qu'en 1928 Yeats, qui l'avait lancé et défendu, refuse l'admirable pièce sur la Première Guerre mondiale, La Coupe d'argent (The Silver Tassie, publié cette même année, représenté à Londres l'année suivante), dans laquelle l'auteur abandonne la dominante naturaliste de la trilogie dublinoise pour la manière expressionniste qui allait désormais prévaloir dans son théâtre. O'Casey, en revanche, reste fidèle à ses convictions socialistes – voire communistes –, à sa grogne, à son anticléricalisme et, tout hostile qu'il est au nationalisme, à son obsession de son pays natal qui reparaît dans plusieurs pièces ultérieures dont Poussière pourpre (Purple Dust, 1940-1943) et Coquin de coq (Cock-A-Doodle Dandy, 1949). Il continue de faire alterner fantaisie et réalité, rire et larmes et garde le sens de la couleur, du mouvement et de la musique appris non seulement dans la rue mais à la fréquentation du mélodrame dont Boucicault était pour lui le grand maître. Son exubérance vitale, son comique de caractère et de mots, son dialogue imagé et populaire sont irrésistibles.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques

Zone(s) géographique(s) :
  • Irlande
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
04/05/2026