NUŠIĆ Branislav
Auteur dramatique serbe de premier plan, à l'égal de Jovan Sterija Popović.
Dans ses premières comédies, écrites sous l'influence de Gogol, il persifle le pouvoir bureaucratique en Serbie dans la seconde moitié du XIXe siècle et ses relations avec la bourgeoisie (corruption et persécutions policières). Dans les œuvres plus tardives, il dépeint Belgrade au début du XXe siècle et entre les deux guerres. Dans la plupart de ses comédies dominent les thèmes de la vie des petits bourgeois, tandis que dans la dernière comédie achevée, Pokojnik (Le Défunt, 1937), il s'agit encore de railler la corruption de la haute bourgeoisie. Le monde dans lequel il se mouvait – depuis les scribes municipaux et les petits bourgeois jusqu'aux députés, ministres et riches bourgeois –, il l'a représenté en réaliste avec un esprit exceptionnellement vif et une observation précise. Vivant au théâtre non seulement comme écrivain, mais aussi comme praticien (directeur, dramaturge, metteur en scène), il était attentif à la naissance du rire dans le public. Il a fait passer cette pratique dans ses comédies, et c'est pourquoi on y trouve la somme des procédés et des moyens les plus variés pour provoquer le rire. Parmi ses œuvres les plus réussies : Narodni poslanik (Le Député, 1885), Sumnjivo lice (Personnage suspect, 1887), Svet (Le Monde, 1906), Put oko sveta (Voyage autour du monde, 1911), Gospoda Ministarka (Madame le Ministre, 1929), Mister Dolar (1932), Ožalošćena porodica (La Famille éplorée, 1934), Dr (1936), et Pokojnik. Dans les premières années du XXe siècle, Nušić – le premier dans la littérature dramatique serbe – écrit des drames sociaux. Dans ces pièces l'influence des drames bourgeois français ainsi que celle d'Ibsen et de Gorki est visible.
Bibliographie sélective
- Branislav Nušić, maître du théâtre serbe , Milivoje Pejovic, Paris : Éd. du Titre, 1989