JOUANNEAU Joël
Auteur dramatique et metteur en scène français.
Joël Jouanneau offre l'exemple d'un passage réussi de la pratique théâtrale amateur au professionnalisme. Après une expérience acquise en dix ans, se révèle en 1984, avec son adaptation de La Dédicace (Strauss), un metteur en scène qui comptera. Grand lecteur de romans, c'est le plus souvent ceux qu'il aime qu'il adapte et monte : Les Enfants Tanner et l'Institut Benjamenta (Walser , 1990 et 1993), Au cœur des ténèbres (Conrad, 1992), l'Idiot (Dostoïevski, 1995), spectacles où il a le souci d'épurer la forme et de servir auteur et acteurs. Les pièces qu'il monte sont d'auteurs consacrés : Minetti (Bernhard, 1989), L'Hypothèse et l'Inquisitoire (Pinget, 1987 et 1992), En attendant Godot , la Dernière Bande , Fin de partie (Beckett, 1991, 1994 et 1995), mais aussi des contemporains (Sirjacq,Jelinek en 2002-2003, Lagarce en 2004, Crimp en 2006) ; également des premières pièces : Les Reines (Chaurette, 1997), dont c'est la création en France, Monparnasse reçoit (Yves Ravey, 1997), Rimmel (Jacques Serena, 1998). Sa mise en scène à Théâtre Ouvert* en 2004-2005 de Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas deImre Kertesz (avecJean-Quentin Châtelain) était de très haute tenue.
Il a écrit et mis en scène une vingtaine de pièces pour adultes et pour enfants dont Nuit d'orage sur Gaza (1987), Le Bourrichon (Festival d'Avignon, 1988), Kiki l'Indien, Mamie Ouate en Papouasie (1989 et 1990), Allegria Opus 147 (1996), Dernier Rayon (1998), L'Ébloui (2002), L'Inconsolé (2004) et, en 2007, Dernier Caprice consacré à la figure d'exception qu'était Glenn Gould. Jouanneau est l'homme de l'amitié et des compagnonnages : Warrilow fut souvent son interprète, Jacques Gabel esttoujours son scénographe et Franck Thévenonson éclairagiste. À partir de 1989, il est « artiste associé » du CDN Enfance-jeunesse de Sartrouville, dirigé par Claude Sévenier. Il aime la liberté qui en découle : possibilité de longues tournées et de créations fréquentes au Théâtre Vidy-Lausanne dirigé par René Gonzalèsqui encouragea ses débuts.