HEIBERG Louise
née Pätges
Écrivaine et comédienne danoise.
Elle occupa une place centrale dans la vie littéraire et théâtrale du Danemark, aux côtés de son mari Johan Ludvig Heiberg, philosophe, auteur dramatique et directeur de théâtre.
Issue d'un milieu modeste, elle est admise à l'école de danse du Théâtre-Royal. Dès l'âge de quatorze ans, elle fait ses preuves comme comédienne dans un dialogue de Poul Moeller. Heiberg, qui l'avait remarquée, lui confie un rôle dans son vaudeville Aprilsnarrene (Poisson d'avril, 1826) [voir Vaudeville scandinave]. Il l'épouse en 1831. Il écrit à son attention de grands rôles, notamment dans Elverhøj (La Colline des elfes, 1828), appelée à devenir la pièce la plus souvent jouée du répertoire danois. Mais elle brille aussi dans les drames shakespeariens et schillériens, surtout dans Marie Stuart. Sous le voile de l'anonymat, elle fait recevoir et jouer au Théâtre-Royal deux vaudevilles qui remportent de grands et durables succès, En soendag paa Amager (Un dimanche à Amager, 1848) et Le Singe (1849). Après s'être personnellement retirée de la scène, elle rend encore au Théâtre-Royal de grands services comme metteur en scène. Elle travaille à faire connaître et apprécier le théâtre d'Ibsen et celui de Bjørnson. Dans ce domaine elle est une sorte de pionnier en Scandinavie. En 1891-1892, elle fait paraître quatre volumes de souvenirs, Et liv gjenoplevet i erindringen (Une vie qui resurgit au fil du souvenir), riche en détails savoureux, mais dont quelques-uns mériteraient d'être soumis à vérification.