HAÏM Victor

Asnières-sur-Seine, 1935

Auteur dramatique français.

Parallèlement à une carrière de journaliste qu'il mène de 1960 à 1977, Victor Haïm se consacre à l'écriture dramatique. En 1963, Pierre Valdé monte sa première pièce : La Peau du carnassier. En 1967, avec L'Arme blanche, dont le thème est la guerre du Viêt-nam, il connaît une reconnaissance d'estime. Mais c'est avec Abraham et Samuel qu'il rencontre le succès. Créée au Petit-Odéon en 1973, cette œuvre farcesque est paradoxalement sérieuse. Elle exacerbe les antagonismes de classe inscrits au cœur de la communauté juive. Ainsi, Haïm révèle sa volonté de lutter avec lui-même, sans craindre d'affronter sa famille spirituelle. Il montre « un juif ignoble, radin, fourbe, menteur pour mieux lui opposer un juif généreux, spirituel, bon… » Car Haïm aime à se battre. Défenseur de l'écriture théâtrale au sein de la commission de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et au théâtre Essaïon lors de Lectures à une voix – banc d'essai pour des textes nouveaux –, Haïm refuse de se laisser enfermer dans un genre qui s'apparenterait à la comédie convenue. Il stimule au contraire la réflexion et joue de l'opposition entre personne et personnage.

Entomologiste de la comédie humaine, il aime camper le parcours tragique d'individus qu'il a observés et qu'il transforme en personnages guettés par l'angoisse et la mort, mais secoués par l'éclair d'un sourire désabusé. Pour ce faire, il manie l'ironie et parodie les travers de ses contemporains. Ses personnages sont forts et faibles, tristes et risibles, emportés par la violence de leurs morales conformistes et l'immoralité de leurs pulsions inavouables, prisonniers d'une implacable partie d'échecs verbale, dont ils doivent à tout prix s'échapper avec, à la bouche, la satire des femmes provocantes et castratrices (Les Fantasmes du boucher), des mères possessives (Comment harponner le requin), des familles oppressantes, des dirigeants politiques de tout bord, partisans de la terreur et de la compromission à n'importe quel prix (La Peau d'un fruit sur un arbre pourri). Il fustige les pouvoirs dictatoriaux, les images télévisuelles tyranniques (Le Grand Invité), les idéologies culturelles et religieuses dévoyées (Le Rire de David) et n'oublie pas Dieu qui entend tout mais n'écoute rien. Dénoncer l'insupportable persécution par le rire et le théâtre pourrait être la devise première de cet écrivain.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : 21ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026

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