DAMIANI Luciano

Bologne, 1923 - Rome, 2007

Scénographe italien.

Actif à partir de 1947, lié dès 1952 à l'histoire du Piccolo Teatro de Strehler et Paolo Grassi (Il cammino sulle acque d'O. Vergani, 1952 ; La Maison de Bernarda Alba de García Lorca, 1955 ; Coriolan de Shakespeare 1957 et La Vie de Galilée, 1963, qui marquent son rapprochement avec le théâtre brechtien), il collabore avec d'autres metteurs en scène notamment Ronconi, Puecher, Squarzina, Vilar, Planchon, et diversifie ses activités du côté de l'opéra et la mise en scène (à partir de 1967). Il a imposé un style caractéristique, fondé souvent sur un lieu unique, par un découpage architectural de l'espace scénique parfaitement visible et lisible, se servant de l'enquête historique et des effets de patine pour traduire le souci réaliste de l'espace vécu, des procédés de collage et de montage pour dire le théâtre et démystifier l'illusion. Avec un sens poétique affirmé, fortement lié à l'univers intérieur des personnages, il est attentif à l'impact de la métaphore sur le spectateur. Ainsi le grand voile blanc hyperbolique, nappé de feuilles mortes, qui couvre la scène dans La Cerisaie de Tchekhov (1974) manifeste à la fois l'omniprésence chargée de tensions et si fragile du verger, l'émotion frémissante des personnages et les fluctuations de l'action. Damiani aime à manipuler l'espace, réunissant la scène et la salle ou jouant avec l'inclinaison du plateau (large praticable de madriers et de planches rugueuses, noircis et consumés, pour Le Cochon noir de Planchon, Villeurbanne, 1974) pour organiser au plus juste l'aire de jeu, rendre sensible la courbe dramaturgique du spectacle ou établir une forme de relation avec le public, ne serait-ce qu'en déstabilisant son regard. Dans ce spectacle comme dans d'autres, le sol est important ; il révèle une morale : le refus de négliger le moindre détail et l'exigence du dépouillement. Tout en utilisant les matériaux les plus divers comme l'eau, le sable et le plastique (La Bonne Ame du Se-tchouan, de Brecht, Hambourg, 1977), il a une prédilection pour ceux qui rendent la scène labile ou fluide tel le voile de La Cerisaie, ou la soie et les miroirs qu'il utilise dans L'Exception et la Règle (Milan, 1962) pour figurer le fleuve, signe de l'élégance et de la subtilité de sa scénographie.

En 1981, il crée avec Ronconi et Sinopoli à Rome, Via Monte Testaccio, le Teatro di Documenti, laboratoire de recherche scénographique et dramaturgique aménagé dans les caves d'un bâtiment du XVIIe siècle.

Bibliographie sélective

  • Luciano Damiani , architecte de l'éphémère, [organisée par l'Union des théâtres de l'Europe] ; réd., Giorgio Ursini Uršič[trad. de l'italien], [Paris] : Union des théâtres de l'Europe, [1997]
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    http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37025153t
Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

Zone(s) géographique(s) :
  • Italie
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026