CANTARELLA Robert
Metteur en scène français.
De sa formation aux Beaux-Arts de Marseille, Cantarella a conservé un don d'observation acéré et l'habitude d'un exercice attentif du regard. De son passage à l'École de Chaillot dirigée par Vitez il a gardé un excellent souvenir au point de vouloir faire de la formation et de la transmission un des axes majeurs de son travail : ce sont des activités qu'il considère comme complémentaires de son rôle de metteur en scène. Il a donc organisé des stages de formation à la mise en scène, écrit, avec Jean-Pierre Han, un opuscule sur la question (1997), et intervient régulièrement tant en France qu'à l'étranger, notamment à l'école Ernst Busch de Berlin.
Au sortir de l'École de Chaillot il a créé avec Grégoire Ingoldle Théâtre du Quai de la gare puis, en 1985, fondé la Compagnie des Ours avec laquelle il monte Baal de Brecht et surtout Inventaires de Minyana (1987), un auteur qui sera un véritable compagnon de route au fil des années, et qui deviendra auteur associé lorsqu'il prendra, en 2000, la direction du CDN de Dijon-Bourgogne. De Minyana, Cantarella, toujours très attentifs aux écritures contemporaines, mettra en scène une dizaine de pièces, des Petits aquariums (1989) à Ça va (2006) en passant par les Guerriers (1991) ou La Maison des morts (2006 au Vieux-Colombier). Lecteur curieux, infatigable, Cantarella a de solides fidélités, avec Renaude ( Le Renard du nord, 1994), avec Vinaver (Les Travaux et les jours, 2002 ; September 11, 2001 , 2006), ce qui ne l'empêche pas d'aller dénicher des textes rares de Jane Bowles, de Soukhovo-Kobyline, de Kaiser, de Jean Magnan, tout en allant revisiter de grands classiques (Oncle Vania de Tchekhov, 1996 ; Hamlet de Shakespeare, 1997).
Cantarella ne cesse d'expérimenter de nouvelles approches de l'art théâtral, aussi bien dans sa direction d'acteur que dans sa gestion de l'espace. Il travaille régulièrement avec des plasticiens (Philippe Quesne, Laurent P. Berger), s'intéresse de près au cinéma (il a réalisé un documentaire, Carrosserie , 2005, et tourné un film, Ça va , 2006). Attentif à toutes les formes d'écriture, il est partie prenante de l'aventure de la revue Frictions de Jean-Pierre Han (1999), a écrit un roman, le Chalet (2004), et participe activement, lorsqu'il ne les initie pas, à des groupes de réflexions comme Sans cible.
En septembre 2005, Cantarella a été nommé, avec Frédéric Fisbach, directeur du 104 rue d'Aubervilliers, dans le 19e arrondissement de Paris. Il s'agit de l'ancien siège des Pompes funèbres municipales, immense entrepôt à l'architecture métallique de la fin du xix e siècle, où la mairie de Paris a l'intention d'implanter (ouverture en fin 2008) un centre culturel pluridisciplinaire et international de création. Le long d'une « rue » couverte de 240 mètres de long, des dizaines d'ateliers se déploieront sur 35 000 mètres carrés, équipés en outre de 2 salles de spectacles de 400 et 200 places : « nouvelle génération d'équipement artistique et culturel », en vue de « créer des liens entre tous les arts », selon les deux directeurs.
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle