BOSSON Jacques

1925 - 1984

Architecte français

Il est formé à Paris, à l'École des beaux-arts (atelier Arretche). En 1952 un projet, dont le thème a été difficilement accepté par ses maîtres, couronne ses études : un théâtre ambulant.

Bosson a conduit sa réflexion sur plusieurs fronts complémentaires : théorique et pratique, spatial et constructif. Cette réflexion nourrie de liens diversifiés (avec Sonrel, Vilar, l'école Charles Dullin), d'une collaboration avec André Veinstein, s'est développée dans son enseignement à l'École des beaux-arts (puis à l'Unité pédagogique d'architecture no 6) et par les réalisations qui lui ont été confiées : mise au point du laboratoire de simulation (non construit mais dont une maquette a été présentée à la Quadriennale de scénographie de Prague en 1971) afin de donner aux étudiants la possibilité d'explorer les rapports du corps et de l'espace ; projet de Magirama destiné à la Chine populaire (vingt-cinq unités mobiles de 2 500 places, 1965) étudié en collaboration avec Abel Gance ; antenne culturelle dessinée et construite pour le Centre culturel intercommunal de la Seine (quatre unités dont une construite : 725 places, inaugurée en 1966 à Malakoff, actuellement « échouée » au Kremlin-Bicêtre), siège d'expériences diverses ; études pour l'Opéra Studio (1974) ; théâtre-péniche. Mais on ne saurait réduire l'œuvre de Bosson à l'invention du théâtre mobile qu'il n'a jamais revendiquée. Il a d'ailleurs construit ou étudié des théâtres fixes : théâtre de plein air de Cap-d'Ail (1957-1960), théâtre de Lillebonne (1963, avec Demangeat), centre intégré de Rixheim (1976-1977), centre culturel de Fougères (1976-1978), projet d'annexe pour le théâtre municipal du Mans (1983).

La tradition du théâtre ambulant, du chariot de Thespis, est très ancienne. Si cette tradition trouve un renouvellement dans les projets de théâtres démontables imaginés à la fin du XIXe siècle ou dans la réflexion d'hommes de théâtre comme Gémier (Théâtre national ambulant, 1911), elle prend avec J. Bosson une autre dimension, située à la lisière de l'utopie sociale et de la réalité de la mise en scène contemporaine. Opposé à la « prison de pierre » qu'est devenue la ville moderne – et son expression ludique : la salle à l'italienne – le chapiteau (métaphore et réalité) devient l'instrument d'une libération : liberté de diffuser la création dramatique, liberté donnée au créateur de construire, pour chaque œuvre, la géométrie qui lie public et spectacle. Cette poésie de l'errance s'exprime par l'emploi de structures métalliques et de matériaux de synthèse (ainsi, ce sont des coques plastiques qui couvrent l'antenne culturelle). Elle s'accompagne aussi d'une grande inventivité : gril mobile, gradins à pente variable, planchers modulaires. Malgré la vitalité du théâtre ambulant aujourd'hui, notamment en milieu faiblement urbanisé, l'esprit des recherches de J. Bosson semble abandonné. À preuve le théâtre mobile imaginé par Vasconi (projet pour Weimar, 1992) comme un gigantesque insecte métallique, issu de la réalité virtuelle d'une B.D. de science-fiction : image assez inquiétante du rapport homme/théâtre.

Bosson comparait sa démarche scénographique à l'action d'une loupe posée à la surface des choses. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il ait pu construire des édifices comme les églises de Lillebonne ou de Jamhour (au Liban). Ils témoignent de l'intérêt constant de leur auteur pour la condition humaine.

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

Zone(s) géographique(s) :
  • France
  • Allemagne
  • Liban
  • Chine
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026