AL ALJ Ahmed Tayeb
Comédien, auteur dramatique et parolier marocain.
Ahmed Tayeb Al Alj a fait ses débuts au sein du collectif Atâ-wakil du Centre marocain de recherches dramatiques. Pénétré des us et coutumes marocains, subtil manipulateur des finesses et métaphores de la langue populaire, il s'est distingué dans ce collectif et s'est vite imposé comme principal dramaturge de son pays : « Véritable homme de peuple et mémoire extraordinaire, Al Alj est un des moments les plus importants du théâtre national. N'ayant été influencé au départ par aucun apport étranger, il a d'emblée essayé de puiser son inspiration dans la riche tradition arabe […]. Al Alj n'écrit pas, il raconte comme ses maîtres à Bab Guissa ou Jamaâ Lfna » (A. Stouky). De fait, Al Alj, qui a adapté la quasi-totalité de l'œuvre de Molière (en particulier les Fourberies de Scapin présenté au festival du Théâtre des Nations en 1956), mais aussi des pièces de Shakespeare et de Romains, se défend d'être un simple adaptateur. Ses pièces sont des œuvres originales, inspirées aussi bien par des auteurs dramatiques que par les contes et légendes puisés dans la tradition orale.
Il privilégie les quiproquos, le comique de situation et leurs retournements. Il adapte Molière tout en lui faisant porter des oripeaux et des costumes locaux : Wali Allah (adaptation de Tartuffe) est une expérience qui tente d'intégrer au Maghreb Tartuffe, Wali Allah pour la circonstance, de l'habiller en Marocain et de le faire vivre dans la société marocaine : une adaptation-actualisation tout à fait différente du travail fait par Saddiki par exemple sur l'École des Femmes où il fait appel à des artifices techniques et à des personnages (Hadj Brahim ou Mahjouba) marocanisés et qui n'obéissent pas scrupuleusement aux procédés classiques. Dans ses textes comme Nashba (le Vice) ou Hlib dyaf (le Lait des convives), Al Alj met en scène des situations sociales et dénonce certaines pratiques et coutumes ; ses thèmes sont puisés dans le quotidien : mariage, divorce, hypocrisie sociale…
Comédien, auteur, parolier et poète, Al Alj a écrit les chansons des principaux chanteurs marocains (notamment Abdelhadi Belkhayat, Abdelwahab Doukali, Touiteh…) ; il a aussi joué au cinéma et écrit les scénarii de films (À la recherche du mari de ma femme d'Abderrahmane Tazi, 1993 ; les Voisines d'Abou Moussa, 2001). Il s'intéresse également à la littérature enfantine (le Petit Soleil ; l'Âne et la Vache, 2006).
Classement
Spécialité : Maghreb et Moyen-Orient
- Maroc
- 20ème siècle
- 21ème siècle