Vedette
D'après l'italien vedetta, « lieu élevé, observatoire », le terme « vedette » était initialement réservé à l'inscription du titre du destinataire, au début d'une lettre (écrire « Monsieur » en vedette). Vedette s'est ensuite étendu aux artistes dont les noms se détachaient en capitales grasses sur ceux de la distribution. Les « vedettes de la scène » désignent enfin les comédiens qui jouissent d'une très grande renommée publique.
Depuis le XIXe siècle, la vedette bénéficie du développement des moyens d'information ; Barnum expérimenta le « matraquage » de la publicité moderne avec la chanteuse Jenny Lind (première « star » à l'anglo-saxonne). Avec les médias, l'acteur endosse une humanité seconde, autrement symbolique.
Le culte de la vedette est en effet indissociable de l'exaltation collective que Duvignaud définit comme « une consommation et une appropriation en image d'un pouvoir de jouir et d'éprouver des émotions inconnues » (L'Acteur : esquisse d'une sociologie du comédien). Aduler un acteur, Philipe ou Brigitte Bardot, c'est le plus souvent le réduire à un stéréotype ; le grand public ne pardonne pas le « contre-emploi » à sa vedette favorite dans tel ou tel registre. Pour ne pas décevoir, la vedette doit savoir garder la pose, c'est-à-dire participer aux relations symboliques qui fondent la collectivité.
Ce phénomène atteint aujourd'hui son paroxysme à la télévision. Ou alors, dans le cadre d'un « théâtre d'art », la vedette peut tenter de se servir de son prestige afin de mieux servir le répertoire et les œuvres nouvelles auprès d'un public élargi. C'était la démarche de l'équipe de Vilar ; c'est aujourd'hui celle des noms médiatiques réunis par Chéreau et Planchon pour leurs mises en scène.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens