Scène à faire

Formule que l'on semble devoir au critique du XIXe siècle Sarcey, qui l'utilise dans ses chroniques (Quarante Ans de théâtre, vol. III) en lui donnant le sens de « scène qui résulte nécessairement des intérêts ou des passions qui animent les personnages mis en jeu ». Sarcey montre que ce type de scène ressortit toujours à la convention théâtrale qui définit une logique psychologique née de l'attente et de la curiosité du spectateur plus que de la logique de la vie, qui souvent refuserait de telles scènes ; ainsi à l'acte IV d'Andromaque lorsque Pyrrhus retourne voir Hermione (sc. 5). Plus qu'à Racine cependant, cette formule fait plutôt songer aujourd'hui aux « pièces bien faites », celles de Scribe ou du théâtre de Boulevard, en désignant la scène trop attendue autour de laquelle parfois se bâtit tout l'intérêt d'une pièce. Dans cette pratique convenue d'écriture, on sent bien que le théâtre, s'il comble immédiatement les vœux des spectateurs, risque de perdre ses pouvoirs essentiels de surprise, de mystère et de subversion.

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Institutions et lieux

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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026