Rotation
(Machinerie de)

La rotation regroupe les dispositifs et les machines propres à provoquer un changement ou un effet scénique par un mouvement tournant. Ce principe est aussi ancien que la scène coulissante. La scena versatilis, avec ses périactes, en est l'expression première connue des Grecs et des Romains (citée par Vitruve). Les périactes, mentionnés par Danti, Sabbatini, Furttenbach entre autres, sont généralement « des prismes triangulaires pivotant sur un axe vertical et disposés à la place des châssis latéraux. Sur chaque face du prisme sont peints des éléments de décors différents » (Sonrel). Les périactes furent aussi utilisés pour le décor de fond, comme dans le décor conçu par Baldassare Lancien 1569 pour La Vedova, comédie de Giovanni Battista Cini présentée à Florence dans le théâtre aménagé par Vasari dans le salon des Cinq-Cents. Par rotation d'un tiers de tour, le décor peut changer. Les périactes, très en vogue dans les années 1550-1600, furent abandonnés au profit des châssis de coulisse. Ils ne sont plus utilisés aujourd'hui tels quels.

La scène tournante est aussi ancienne, quoique peu utilisée. On en connaît un exemple à la fin du XVe siècle, chez Léonard de Vinci. Sonrel mentionne une « plaque tournante » utilisée en 1617 par Francini dans Le Ballet de la délivrance de Renaud. Il s'agit là plutôt de tournette. Le théâtre japonais de kabuki nous fournit en 1716 le premier exemple véritable d'une scène tournante. Karl Lautenschläger est considéré comme l'inventeur en 1896 à Munich du premier plateau tournant mécanique.

La scène tournante permet le changement d'une partie ou de l'ensemble d'un décor construit implanté au sol. Le principe en est simple : la partie centrale du plateau, en découpe circulaire, pivote autour d'un axe vertical. Le plateau est mû par un treuil électrique, placé dans les dessous. Cette solution permet toutes sortes d'utilisation : entrée par rotation d'un personnage ou d'un élément mobilier ; présentation d'un dispositif selon plusieurs angles de vue ; changement complet du décor par division et cloisonnement de la scène en deux ou trois portions. Ce type de scène dont le diamètre peut aller de 14 à 20 mètres a été extrêmement en vogue à partir du début du XXe siècle, en particulier en Allemagne, dans les pays anglo-saxons et en Europe de l'Est. De façon amovible et plus légère, le principe des tournettes a pu être appliqué aux scènes traditionnelles. La tournette est un plateau tournant de moindre dimension, construit sur le plateau fixe de la scène. Elle est généralement rattachée et adaptée au décor qui la suscite. Il existe d'autres emplois du système de rotation, par exemple, avec les scènes annulaires mobiles, ou encore avec la salle tournante. Dans ce dernier cas, l'idée est de rendre la salle mobile pour présenter successivement aux spectateurs des scènes fixes disposées sur le périmètre extérieur de la salle (1663, dispositif de Joseph Furttenbach à Ulm ; 1823, diorama de Daguerre ; 1959, théâtre d'Été de Tampere en Finlande). Il est possible de combiner ces deux principes.

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

Période(s) :
  • Antiquité grecque
  • Antiquité romaine
  • Renaissance
  • 17ème siècle
  • 18ème siècle
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026