Péripétie
Retournement imprévu de situation ou « renversement d'action » (Aristote), autrement appelé coup de théâtre, qui assure le dénouement. En théorie, il ne s'agit pas du surgissement d'un événement extérieur, mais de l'éclatement d'un fait insoupçonné qui se relie à l'une quelconque des données de la situation initiale.
En tant que renversement, la péripétie constituait pour Aristote le dénouement lui-même ; une pièce ne pouvait donc pas comporter plus d'une péripétie. Au XVIIe siècle, si les théoriciens conservent la conception aristotélicienne de la péripétie unique et terminale, les auteurs, sous l'influence de l'esthétique de la complexité et de la surprise issue du courant baroque, inventent souvent des intrigues à rebondissement dans lesquelles la péripétie intervient au moment où les obstacles paraissaient résolus, précédant immédiatement le dénouement ; celui-ci constitue donc un nouveau et ultime retournement par rapport à celui que vient d'instaurer la péripétie. Ainsi conçue, la péripétie devient donc la dernière partie du nœud, et, partant, elle peut se multiplier, ce qu'affectionnera le mélodrame. D'où l'utilisation fréquente du pluriel en ce sens, qui est à l'origine de son emploi moderne désignant simplement des événements imprévus.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens