Paratexte
L'intérêt de la critique théâtrale se porte de plus en plus sur l'écriture didascalique [voir Didascalies] dont le statut aléatoire, marqué par l'italique dans la graphie et l'aspect utilitaire dans l'exécution scénique, avait longtemps masqué la portée.
À l'usage critique, le terme « didascalies » s'est alors révélé insuffisant pour désigner l'ensemble des discours d'escorte qui enveloppent les dialogues d'une pièce de théâtre. Aussi, le terme « paratexte », dans une autre acception que celle où l'entend Gérard Genette dans Seuils, semble-t-il s'être aujourd'hui imposé pour qualifier les écrits de nature diverse et composite que sont les titres, la liste des personnages, les indications temporelles et spatiales, les descriptions du décor, les indications de jeu. L'examen de ces formes d'écriture, qui ne manque jamais de révéler l'architecture intime des œuvres en pénétrant très avant leurs arcanes, a quitté la démarche empirique des premières explorations. Il s'élabore aujourd'hui avec des méthodologies d'autant plus affirmées et nécessaires que les auteurs contemporains, plus et autrement que leurs prédécesseurs, incluent cette écriture adjacente dans l'espace même de l'œuvre à jouer, jusqu'à, dans certains cas, phagocyter le dialogue (Beckett, Actes sans paroles). Hors des contraintes du langage dialogué sur lequel portent souvent leurs soupçons, ils paraissent, en effet, avoir trouvé, dans cette pratique textuelle encore indifférenciée, peu marquée par les usages et les conventions, un espace nouveau où, dans un statut resté ambigu entre lecture et représentation, l'écriture théâtrale peut jouer en liberté.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens