Monténégro
(Le théâtre au)
Des découvertes archéologiques sur le territoire du Monténégro, État qui a recouvré son indépendance depuis mai 2006, attestent l'existence d'un théâtre dès l'Antiquité et le haut Moyen Âge. Il n'existe en revanche pas de preuves solides pour le Moyen Âge plus tardif ni pour la Renaissance. Les archives les plus anciennes mentionnant la représentation de drames liturgiques en langue populaire, dans des églises et sur les places de villes de la côte monténégrine, datent de la fin du XVIIe siècle. La période française des Provinces illyriennes voit le maréchal Marmont donner son accord pour la construction à Kotor d'un premier théâtre.
Les souverains monténégrins, fondateurs du drame profane
Le folklore populaire monténégrin, qu'il s'agisse de narration orale, de chants avec accompagnement de guzla, ou encore plus de cérémonies funéraires, comporte de nombreux éléments dramatiques. Ainsi le drame profane monténégrin puise-t-il ses origines dans des divertissements joués lors d'assemblées villageoises (avec texte improvisé sur un thème donné).
Le prince-évêque Petar Petrović Njegoš (1813-1851), en même temps à la tête de l'Église et de l'État, est l'auteur de deux grands drames épiques : La Couronne des montagnes, épopée romantique complexe, et Le Faux Tsar Šćepan le Petit, qui marque un tournant vers le réalisme. Njegoš est aussi l'auteur d'un œuvre poétique, épique et philosophique, cosmogonie sur l'origine de l'homme, La Lueur du microcosme, avec d'extraordinaires monologues de Dieu et de Satan.
Nikola Petrović (1842-1921), prince puis roi du Monténégro, fit ses études au lycée Louis-le-Grand à Paris. C'est sous son règne que le Monténégro obtint sa souveraineté en 1878. Il composa L'Impératrice des Balkans, drame en vers, ainsi qu'une comédie en prose. Il fit construire un théâtre à Cetinje, alors la plus petite capitale d'Europe avec 5 000 habitants. Inauguré en 1888, ce théâtre devint en 1908 théâtre d'État, puis en 1910, lorsque la principauté fut proclamée royaume, Théâtre national du royaume du Monténégro.
L'histoire avec un grand H et les nombreuses guerres n'allaient cesser d'influer sur l'histoire du théâtre monténégrin. Plus de la moitié de la troupe du Théâtre royal périt lors de la guerre balkanique de 1912 contre la Turquie. Ainsi le Monténégro, qui perdit alors son indépendance en se fondant dans la Yougoslavie, vit-il disparaître en même temps son théâtre national.
[Pour la période 1918-1991, voir Yougoslavie (le théâtre en).]
Le théâtre d'aujourd'hui
L'éclatement de la Yougoslavie, avec les guerres en Croatie et en Bosnie, puis les frappes aériennes de l'OTAN sur la Serbie et le Monténégro, les événements fatidiques qui semblent se jouer des Monténégrins, un milieu social marqué par la perte du système de valeurs et la désintégration de la famille, tout cela se reflète dans les drames Happy end d'Igor Bojović et le Rebut de Ljubomir Đurković. Tous deux n'hésitent pas à s'engager pour démasquer la réalité. Auteur et metteur en scène, Radmila Vojvodić interroge l'histoire et la politique nationales dans La Princesse Ksenija du Monténégro et Montenegrini : elle s'attache à des aspects cachés de l'histoire monténégrine, l'émigration de la famille royale et des intellectuels, avec des références à la société actuelle. Sans chercher à explorer l'histoire d'une façon aussi engagée, Stevan Koprivica trouve dans les légendes et les mythes monténégrins des thèmes pour des mélodrames amoureux aux éléments de tragédie.
Podgorica possède deux théâtres : le Théâtre national dont le nouveau bâtiment comporte deux scènes cultive le répertoire national tout en suivant les courants du théâtre européen et effectue des tournées à l'étranger ; le Théâtre municipal, qui fut auparavant un théâtre pour enfants. Plusieurs metteurs en scène, Nikola Vavić, Blagota Eraković et Branislav Mićunović ont élaboré leur propre esthétique en travaillant sur des pièces nationales et étrangères avec des acteurs qui ont reçu de nombreux prix. Des festivals ayant leur propre production dramatique ont lieu l'été sur le littoral monténégrin, à Bar, Budva et Kotor.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Monténégro
- Antiquité romaine
- Moyen âge
- Renaissance
- 17ème siècle
- 18ème siècle
- 19ème siècle
- 20ème siècle
- 21ème siècle