Mabou mines

Groupe théâtral américain fondé en 1969 par Lee Breuer.

C'est l'un des groupes les plus durables et les plus « reconnus » du théâtre off-off-Broadway. Parmi les influences diverses qui ont contribué à constituer le style toujours renouvelé des Mabou Mines : la danse moderne, la peinture moderne, les happenings, la photographie, le cinéma, les bandes dessinées, la pop culture. Lee Breuer a inventé, au début des années soixante-dix, un genre qu'il a intitulé « Animations ». Exemples : The Red Horse Animation (1970), The B. Beaver Animation, The Shaggy Dog Animation. Pour l'animation du cheval rouge, les trois performers – Warrilow, magnifique acteur anglais, venu tardivement au théâtre, qui fit un bout de chemin avec eux, JoAnne Akalaitis, Ruth Maleczech– suggéraient la forme du cheval plutôt qu'ils ne la représentaient, et avaient en même temps une fonction chorique. Les images étaient, ce qui est rare au théâtre, surtout horizontales, invitant les spectateurs à voir le sol de la scène (un sol sonorisé par un jeu de micros) comme une immense toile. Autres spectacles : Dressed Like an Egg (Habillée comme un œuf, 1977), librement inspiré de Colette, A Prelude to Death in Venice (Prélude à la mort à Venise, 1980) : un homme – l'acteur Bill Raymond– dans une cabine téléphonique, la Venise en question étant Venice, Californie. Cold Harbor (1983), hommage ironique au général Ulysses Grant. Se renouvelant sans perdre leur identité, gardant leur base à New York mais voyageant un peu partout dans le monde, les Mabou Mines pratiquent un théâtre expérimental et inventif, qui utilise aussi bien les masques que les poupées et les marionnettes (par exemple dans Peter and Wendy, d'après Peter Pan de J.M.Barrie), sur des musiques créées pour eux par des compositeurs tels que Philip Glass ou Peter Cunningham. Ils ont mis en scène près d'une dizaine de textes de Beckett dont la plupart n'étaient pas destinés au théâtre. Cela commença avec Le Dépeupleur, joué en 1975 par Warrilow (pour qui Beckett écrivit Solo, A Monologue). Ensuite, en 1979, Mercier et Camier, en 1983, Company, en 1984, Imagination Dead Imagine. Les Mabou Mines « réinventent » les classiques, en toute liberté, en toute intelligence et audacieuse fidélité : 1990, Mabou Mines Lear ; 1991, In the Jungle of Cities, d'après Brecht. Invités en 2005 par le Festival d'Automne, ils ont stupéfié le public français (Théatre de la Colline à Paris, puis TNP de Lyon et TNS de Strasbourg) avec un détournement de la pièce d'Ibsen Maison de poupée (Dollhouse) où la maison de poupée métaphorique du titre est prise dans sa littéralité et fournit le décor, avec des hommes lilliputiens à l'échelle, cependant que les personnages féminins les dominent de leur haute taille. Ce spectacle a fait en 2007 une grande tournée européeenne.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques

Zone(s) géographique(s) :
  • États-Unis
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026