Jongleur
Au Moyen Âge, professionnel itinérant qui récite ou chante en public les œuvres littéraires. Les dramaturges français du XIIIème siècle sont des jongleurs.
Le terme est d'emploi très large : un montreur d'ours est un jongleur au même titre qu'un chanteur de geste. À partir du XIIe siècle, on tend à distinguer du jongleur (simple exécutant) le trouvère ou troubadour, qui « trouve » ses poèmes, c'est-à-dire les écrit. Cependant, de nombreux jongleurs sont aussi des auteurs. Au XIIIe siècle, apparaît le ménestrel, jongleur attaché à la cour d'un grand seigneur. Le jongleur disparaît au siècle suivant : on aura d'un côté des écrivains de cour, et d'un autre des ménétriers (le mot vient de ménestrel) cantonnés dans la musique de bal.
Le jongleur est plutôt un narrateur ou un conteur qu'un acteur ; néanmoins, dans un texte en partie dialogué, où il joue seul les divers personnages (Aucassin et Nicolette) ou encore dans un monologue (le Dit de l'Erberie de Rutebeuf), il a bien avec son auditoire un rapport théâtral. De la « jonglerie » au théâtre, il n'y a donc qu'un pas, franchi au XIIIe siècle par ces acteurs-poètes que furent les jongleurs Jehan Bodel, Adam de la Halle ou Rutebeuf.
Bibliographie sélective
- Les jongleurs en France au moyen âge , par Edmond Faral,..., Paris : H. Champion, 1910
Classement
Spécialité : Antiquité - 16ème siècle
- France
- Moyen âge