Guinée
(Le théâtre en)
La production dramatique guinéenne est mal connue car peu d'œuvres furent éditées, excepté quelques pièces historiques d'auteurs en exil, comme C. Nenekhaly Camara (Continent Afrique, Amazoulou, 1970) ou D. T. Niane (Sikasso ou la dernière citadelle, Chaka, 1971). En Guinée même, le théâtre fut pourtant encouragé par le régime de Sékou Touré comme moyen privilégié d'éducation.
Pendant la période coloniale, ce furent les habituelles comédies de mœurs, évitant soigneusement les thèmes politiques (l'Ivrogne, le Marché noir). En 1949, fut créé le théâtre-ballet de Fodeba Keïta, qui intégrait danse et musique traditionnelles dans les pièces représentées. Cette compagnie connut un succès international, notamment grâce à l'Aube africaine, pièce poétique relatant l'histoire d'un martyr de l'armée coloniale.
Après l'indépendance, la production fut essentiellement collective et dans les langues locales, afin de toucher le peuple. Reprenant généralement les mêmes thèmes (lutte contre l'impérialisme, glorification de la révolution…) elle fut largement didactique. Parmi les pièces primées, Ousmen (1964), Deuxième Front de lutte (1967), Samory (1976), Thiaroye (joué en 1977 au festival panafricain de Lagos). Parallèlement les Ballets africains de la république de Guinée et le Ballet Djoliba continuèrent à faire vivre sur scène les arts traditionnels.
Depuis la mort de Sékou Touré, en 1984, sont apparues de nouvelles pièces qui critiquent son régime et évoquent les difficultés guinéennes actuelles : la Face de l'empire d'A. Fanyé Touré (1984), Maudit soit Cham (1987) et Au nom du peuple (1989) de T. Cissé. Le grand romancier William Sassine est lui aussi venu au théâtre dans la dernière partie de sa vie pour faire une charge féroce de la société guinéenne avec Légende d'une vérité suivi de Tu Laura (1995), les Indépendan-tristes (1997) et Afrique en morceaux . Plus récemment, Tidjani Cissé s'est tourné vers le théâtre historique, à l'échelle panafricaine : 1789 en l'Isle Saint-Louis du Sénégal (1999). Par ailleurs, certaines tendances qui se trouvaient brimées sous le régime de Sékou Touré ont pu s'exprimer à nouveau. Ainsi, la pièce de J.-M. Touré, la Meilleure Part, peut apparaître comme une œuvre militant en faveur du catholicisme.
Depuis 2002, à l'initiative du Centre culturel franco-guinéen, a été créé le Festival du théâtre de Guinée. Institutionnellement, la politique théâtrale officielle est conduite par le Théâtre national de Guinée, mais de nombreuses troupes se partagent le plateau : la compagnie Ahmed T. Cissé, Africa Style de Guinée, la compagnie Taïbou, Baobab de Conakry, Alakabon Théâtre, les Sardines de Conakry.
Bibliographie sélective
- Litterature guinéenne , [Paris] : CLEF/Présence Africaine, 1987
Classement
Spécialité : Afrique, outre-mer et diaspora
- Guinée
- 20ème siècle
- 21ème siècle