Géorgie
(Le théâtre en)

L'évolution de ses formes originales porte la marque de l'histoire complexe d'un pays de culture ancienne, converti au christianisme au IVe siècle, terre d'invasions mongoles et turques, puis soumis à la domination russe.

On y relève des cérémonies cultuelles, des jeux pastoraux masqués, des rituels historiques tels que le keenoba, jeu guerrier qui exalte la lutte contre les envahisseurs, enfin, le sachioba qui mêle poème, chant, musique et danse, connaît une variante religieuse et se maintient jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Après l'annexion à l'Empire tsariste au début du XIXe siècle, la politique de russification conduit à l'ouverture d'un théâtre russe en 1845, suivie de près de celle d'un théâtre géorgien par l'auteur dramatique Eristavi. À travers un répertoire national, mais aussi russe et européen, le théâtre en langue géorgienne, professionnel ou amateur, propage des idées d'indépendance. Quand la Géorgie devient en 1921 une république fédérative soviétique, le rôle moteur est confié au théâtre d'État Roustaveli, dirigé par Mardjanichvili qui, sous le nom de Mardjanov, a commencé en Russie sa carrière et sa quête d'un théâtre synthétique établi cependant sur une analyse psychologique. Fuenteovejuna de Lope de Vega (1922), son premier spectacle géorgien révolutionnaire, héroïque et festif est un événement à Tbilissi.

Akhmeteli, son successeur au théâtre Roustaveli de 1926 à 1935, recherche une expression scénique spécifiquement géorgienne : mouvement qui part des danses populaires, jeux rythmiques d'ensemble, passage du discours au chant, déclamation chorale. Avec le décorateur Gamrekeli, il combine les leçons d'Appia, l'apport de l'avant-garde constructiviste et l'étude des traditions caucasiennes (Lamara d'après Pchavela, 1926 et 1930 ; Anzor de Chanchiachvili sur les motifs du Train blindé d'Ivanov, 1928 ; Les Brigands de Schiller , 1933). Stouroua, un des grands metteurs en scène actuels, renoue avec les principes rythmoplastiques d'Akhmeteli, arrêté sous Staline (Le Cercle de craie caucasien de Brecht et Richard III, présenté au festival d'Avignon, 1981). Le BDT (Grand théâtre dramatique) de Saint-Pétersbourg continue d'entretenir, après l'éclatement de l'URSS, les liens noués avec la Géorgie par Tovstonogov : son metteur en scène principal est Timour Tchéidzé, qui y travaille parfois avec le décorateur G. Aleksi-Meskhichvili.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe centrale et Russie

Zone(s) géographique(s) :
  • Géorgie
Période(s) :
  • Moyen âge
  • 18ème siècle
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026